Un film infini (le travail)

Né à la suite d’une première expérience de tournage en 2013 dans l’espace emblématique des « pistes » des usines Michelin, à Clermont-Ferrand, le programme de recherche Un film infini (le travail) part du constat d’un lien historique entre la naissance du cinéma et celui du travail à la chaîne. Le cinéma, inventé à la fin du XIXème siècle, entretient en effet une étroite relation avec le travail moderne, de son fonctionnement, la chaîne de production, à son vocabulaire (ne parle-t-on pas d’industrie cinématographique ?). Il est aussi le premier à l’avoir enregistré (la sortie d’usine des frères Lumière). Un étrange parallèle s’opère donc entre ces deux notions, comme si une forme de travail (le cinéma) s’était émancipée d’un ensemble plus vaste pour se mettre à l’écart et le regarder, sorte de faux-frère voyeuriste et fainéant, se dégageant ainsi du fonctionnalisme industriel et se concentrant plutôt sur l’analyse de son propre objet, sa propre image.

Composé d’enseignants-chercheurs, de chercheurs associés et d’étudiants de l’école, l’équipe du groupe de recherche se renouvelle en partie chaque année. Dans un premier temps, les membres d’Un film infini (le travail) se concentrent sur la création d’une culture commune. Cela passe par la lecture de textes, le visionnage de films, des temps de discussion ainsi que par le partage de moments quotidiens. Viennent ensuite les temps de tournage collectif, pendant lesquels chacun filme, révélant ainsi des approches et des rapports à l’image différents. Ces rushes sont ensuite stockés sur disque dur, s’accumulent, se mélangent, s’ordonnent, s’oublient, resurgissent. On peut voir cette banque de données comme l’inconscient du Film infini (le travail).

Le montage revient donc à faire advenir cet inconscient pour lui donner forme et le rendre accessible. À partir des premières séquences tournées, le film dérive au contact de sa mémoire vivante. Des personnes extérieures à l’école sont invitées pour penser, avec l’équipe, ce qui a été enregistré. Les rencontres peuvent être enregistrées et participer au film. Ainsi, le film se fait en se faisant, il se construit organiquement en fonction des rencontres et produit alors un travail sur lui-même. Faire un film avec son sujet et non pas sur son sujet. Un travail d’écriture se construit également au fur et à mesure de la recherche et selon les mêmes modes de travail que pour le film : chacun écrit des textes, qui peuvent être repris par d’autres, agencés entre eux. Le film n’a ni temps ni auteur déterminé. C’est un film collectif, dont les acteurs sont aussi les auteurs.


événements et publications liés au programme


Le Film infini (le travail)
Édition, 2017

Édition du programme de recherche Un film infini (le travail), ce livre montre une partie ou la somme des textes écrits, des images tournées, des dossiers produits, des livres lus, des films vus, des voyages partagés, des workshops réalisés, des expositions conçues, des expériences vécues entre 2013 et 2016.

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Le Film infini (le travail)
Film, 2016

Pendant deux années, les membres du programme de recherche Un film infini (le travail) ont pu tourner dans les usines du Groupe Michelin à Clermont-Ferrand et à Shanghai. Le film réalisé (auquel le groupe de recherche prête son nom) est désormais disponible en ligne.

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Journées d’étude (tentative de rapprochement)
le 9 mars 2017

Après avoir filmé pendant deux ans les usines Michelin, le groupe de recherche Un film infini (le travail) entreprend de questionner un nouveau territoire : celui du centre de formation au rugby de l’ASM. Ce travail révèle diverses mécaniques communes liées à l’apprentissage, à la transmission, aux gestes.

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Un film infini (le travail), édition de 12 posters

Édition de 12 posters réalisée à l'occasion de l'exposition du programme de recherche Un film infini (le travail) à la Chapelle de l’ancien hôpital général en 2016.

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Un Film infini (le travail)
du 27 avril au 7 mai 2016 à la Chapelle de l’ancien hôpital général de Clermont-Ferrand

Cette exposition du programme de recherche Un film infini (le travail) présentait des œuvres réalisées à partir de deux années de tournage dans les usines du Groupe Michelin à Clermont-Ferrand et à Shanghai.

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Les Voies des pistes
du 18 au 28 février 2014

Première exposition du programme Un Film infini (le travail), Les Voies des pistes fait suite à un workshop dans l'usine Michelin de Cataroux, en octobre 2013.

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