Sarah Netter

Iel/il

vit et travaille à Marseille.

Artiste et auteurice, ma pratique se nourrit beaucoup des motifs et hétéroglossies qui m’entourent. Une des trames qui m’importe est celle des glocalisations ; notamment dans la productions de motifs et symboles manufacturés et formels. J’aime en retracer les historiques, étymologies, traductions, et réappropriations pour pouvoir en extraire les stéréotypes, connotations et leurs formations, travailler nos manières de se pimper, de se parer et de se costumer.

Ces matériologies sociales nommées et connotées me permettent des jeux de vocabulaire, de collages, de grincements et de tendresse. J’aime raconter des histoires, j’ai besoin de décortiquer la fiction, notamment la fantasy, les bestiaires, les légendes urbaines et mythologies comme aides à l’empouvoirement, fictions politiques et réparatrices. Traducteur·rice amateur·rice, je traduis des textes hispanophones de personnes cuir d’Amérique centrale et latine vers français, notamment Sayak Valencia ou Pedro Tadeo Cervantes Garcia. J’écris aussi des textes poétiques, drôles, crus, que je publie et que j’aimerai mettre en scène.

Je suis également engagé·e dans deux projets collaboratifs au long cours :

« Souci du drame » (avec Camille Brêteau et Julien Carpentier), performeur·es, sculpteur·rices, conteur·euses, nous avons chacun·es exprimé un désir de scène, et de voix. C’est pourquoi nous avons commencé un projet de performancespectacle, mot/valise, dans lequel nous emportons tout un tas d’autres termes : costumes-décors, ambiances-costumes, décors-parlants, chorégraphies-chorales. Par l’écriture, on entremêle nos volontés prosthétiques et poétiques en créant de nouvelles narrativités ; des fictions non linéaires qui mettent à nu, rejouent et sur-jouent nos affects, peurs et égos.

« Patati Patata » avec HaYoung , nos recherches tournent autour des notions de transformations, de transmission et de traductions des formes et des langages. La patate était notre point de départ, produit comestible et culturel, qui hybride les sens de par son (ses) histoires, différentes expressions et emplois. Nous nous sommes passées des hot potatoes (dans le sens « sexy ») de l’un·e à l’autre, sous forme de vidéos, sculptures, dessins et poèmes.

Au sein de la Coopérative de recherche, je travaille des questions de pratique textile comme pratique vivante, de traductions militantes et de créations de langages comme outil politique. Je suis engagé·e cette année dans le groupe  (( )) avec Enrico Floriddia et Crys Aslanian. Je fais également partie du groupe de travail d’interprétariat et traduction Prêter nos voix, proposé par Enrico Floriddia qui nous permet de travailler à plusieurs des formes de traductions lives de contenus non traduits en français. Nous entamons également le groupe « S-kin » avec Carin Klonowski, Gérald Kurdian et Léticia Chanliau. Avec Enrico Floriddia nous co-animons également le groupe “Fragilité Blanche”.

Sophie Lapalu et Michèle Martel m’ont invité·e à rejoindre le groupe de travail « Nous ne nous savions pas féministe… » ou nous travaillons avec un groupe d’étudiant·es et d’ancien·nes étudiant·es à des retranscriptions, entretiens et textes à partir du cycle de conférences du même nom, qui a permis des interventions autour des féminismes intersectionnels à l’ÉSACM.

Avec Gérald Kurdian nous avons organisé en mai 2021 un festival HOT BODIES à La Tôlerie à Clermont-Ferrand (“Les pratiques artistiques et militantes queer, éco-féministes et pro-sexe ont en commun de chercher des formes d’émancipation réparatrices pour les corps minorisxs et marginalisxs. Performances, publications, poésie, club ou cinéma, leurs moyens sont multiples, trans-versaux, radicaux, tendres et insolents.”) , et des workshops avec notamment Flo*Souad Benaddi, Gorge Bataille et Anthedemos, GUFO.

En 2021 j’ai également invité Vinciane Mandrin et Nino André à l’école.

Description Fragilité blanche, groupe de travail co-animé avec Enrico Floriddia

De quelle façon qui s’est socialisé·e en tant que blanc·he et en est conscient·e ? qu’est ce que ça veut dire ? Quels outils nous pouvons partager pour déconstruire le suprématisme blanc et sa présence systémique au quotidien ? Un espace de travail sans but ultime, un lieu de parole bienveillant et critique, une envie de lutte diffuse.