Rencontre avec le réalisateur Stéphane Gérard et projection

Rencontre avec le réalisateur Stéphane Gérard, après sa résidence de recherche et de création à l’ÉSACM, du 15 au 26 juin, autour de la mémoire de Lionel Soukaz.

Le cinéma expérimental de Stéphane Gérard se concentre sur les luttes politiques et l’histoire des représentations du genre, de l’orientation sexuelle, du VIH/sida et des personnes racisées. Son travail s’accompagne d’une réflexion sur les archives audiovisuelles, la programmation (Cinémathèque française, Anthology Film Archives) et la distribution au sein du collectif What’s YourFlavor?, dédié au cinéma expérimental queer en France. Sa collaboration avec Lionel Soukaz (1953–2025), réalisateur engagé dès les années 1970 au sein du FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire), s’inscrit dans cette attention portée aux archives. Soukaz est notamment l’auteur, avec Guy Hocquenghem, de Race d’Ep, histoire d’un siècle d’homosexualité (1979), ainsi que du Journal Annales, vaste ensemble de plus de 2 000 heures d’images, à la fois document historique et œuvre autobiographique, aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale de France. De 2009 jusqu’à son décès en 2025, Stéphane Gérard collabore avec lui à la réalisation de films de montage à partir de ces bandes, donnant lieu notamment à deux coréalisations En Corps + en 2021, présenté au Mucem dans le cadre de l’exposition « VIH/sida : l’épidémie n’est pas finie » en 21-22, et Artistes en Zone Troublés présenté pendant l’exposition « Exposé·e·s » au Palais de Tokyo en 2023).

Prolongeant ce travail au long cours sur les archives, leur préservation et leurs réactivations possibles dans le présent, cette résidence s’inscrit dans le cadre du cycle de recherche « Archives/Dormance » que l’ÉSACM a initié dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026. Ce cycle prend la forme de résidences, de workshops et d’un colloque étayé par une programmation cinéma et une exposition. Il prend pour point de départ la recherche de Sido Lansari, artiste et chercheur à la Coopérative de recherche, dont le travail met en lumière le manque de représentations des personnes d’origine nord-africaine dans l’histoire LGBTQIA+ en France.

Ce cycle questionne les méthodes et les formes capables de réunir les conditions d’activation de ces archives défaillantes ou empêchées, et ainsi pose les bases d’une réflexion élargie sur la fabrique de récits contemporains et sur la possibilité d’une archive vivante, ouverte aux déviations et aux devenirs.

Projection du documentaire La Machine avalée, 15min. 

« Voilà l’histoire d’une machine qui ne se nomme pas elle-même et produit des images qui peuvent rendre malade, qui donnent la nausée. Avalée par certains puissants, faiseurs de médias et distributeurs de culture, elle reproduit ses stéréotypes auprès de générations de nouveaux regards. Mais tous ne sont pas égaux devant ces images. Les jeunes noirs de France n’y trouvent pas les réponses à leurs questions. À force de cacher leur reflet dans le grand miroir culturel, cette machine avalée nourrit la colère. Finirait-elle par travailler à sa propre perte ? »

Légende image : © Stéphane Gérard / Collectif Jeune Cinéma

 

Présentation Saison Méditerranée 2026 

À Marseille en juin 2023, le Président de la République a annoncé l’organisation d’une Saison Méditerranée en 2026 pour faire émerger des projets communs de toutes les rives de la Méditerranée.

La Saison Méditerranée 2026 met en valeur la richesse et la diversité des cultures méditerranéennes. Elle célèbre les artistes, les créateurs et les créatrices et les jeunes talents de ces régions, en valorisant les échanges culturels et humains.

Portée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Culture en lien avec la Délégation interministérielle à la Méditerranée, la Saison Méditerranée 2026 est mise en œuvre par l’Institut français sous le commissariat général de Julie Kretzschmar.

La Saison Méditerranée, après une ouverture populaire et festive à Marseille, se déroule principalement en France, sur l’ensemble du territoire, entre le 15 mai et le 31 octobre 2026.

Elle rayonne sur les rives de la Méditerranée à travers l’organisation de plusieurs événements en lien avec les scènes artistiques, les structures culturelles de la région et le réseau diplomatique français à l’étranger.

Cette Saison est l’occasion de valoriser les initiatives des jeunesses et des diasporas, accompagner la création et l’innovation par la circulation des idées et des personnes et encourager les coopérations entre les sociétés civiles, en particulier avec le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte et le Liban.La Saison a proposé 5 thématiques pour adresser les questions contemporaines en commun : les utopies spéculatives, les identités plurielles, les spiritualités contemporaines, l’histoire collective des migrations, la construction des récits.

1. Les utopies spéculatives

– Modes de vies, fragilisation et nouvelles adaptations, initiatives environnementales ;

– Solidarités et pratiques collectives autour de la réparation et de la préservation du vivant.

La mer Méditerranée est une zone de vulnérabilité au cœur des urgences climatiques, propice à l’invention de pratiques qui relient justices sociale et environnementale pour un monde durable.

2. Les identités plurielles

– Hybridation, fluidité, multiplicité et agentivité des identifications ;

– Mixage de langues, créolisation linguistique.

La réinvention d’identités plurielles, notamment incarnées par les jeunes générations, produit des représentations alternatives et inclusives qui conjuguent identités particulières et imaginaires transculturels.

3. Les spiritualités contemporaines

– La réinvention et la transformation des rituels ;

– Les transmissions et les héritages.

Comment l’empreinte des spiritualités contemporaines pénètre les univers séculiers et les quotidiens dans les cultures des rives de la Méditerranée, comment celles-ci habitent et mettent en partage les cultures populaires ?

4. L’histoire collective des migrations

– Les histoires mémorielles et biographiques

– Les histoires des binationauxLes mémoires des migrations, les histoires diasporiques peuvent être vectrices d’un socle pour penser le commun et le présent, et composer, depuis les parcours et les patrimoines, un récit national vivant et contemporain.

5. La construction des récits

– Documenter le présent, archives vivantes ;

– Mettre en fiction le réel.

Les sociétés civiles sont mobilisées sur les enjeux globaux et initiatrices de nouveaux dialogues entre les individus, les systèmes étatiques et les régimes de pouvoir.

Journée d’étude « La-la-laine, réalités d’une filière »

La journée d’étude « La La Laine · Réalités d’une filière », prend comme point de départ un matériau : la laine pour explorer ce qu’il dit d’un territoire, d’une économie et des pratiques artistiques. En croisant les points de vue – des formes contemporaines de recherche et de création aux ressources locales, de l’élevage au travail de la matière – cette journée permettra d’articuler analyse des structures de production et réflexion esthétique autour des matériaux, des gestes et de leurs contextes.

Une journée qui s’inscrit dans le cadre de la Biennale Textile, et est soutenue par la Région Auvergne Rhône Alpes dans le cadre de son action de soutien au développement territorial de l’enseignement supérieur, ainsi que par le Ministère de la culture, dans le cadre du dispositif Culture Pro.

——————————–

PROGRAMME COMPLET

 

10h – Mot d’ouverture, performance de Céleste Cherche, initiation au raccommodage de curons. Les curons sont des sacs en toile tressée utilisés pour le transport et le stockage de la laine après la tonte.

10h20 – Lecture, En tissant, en créant, Anni Albers, Clara Salomon, Flammarion,par Clara Salomon

10h45 – Table ronde, Textile

À partir de la place du textile dans l’histoire de l’art et de l’œuvre d’Anni Albers, cette table ronde élargit la réflexion à ce qui entoure le matériau de la laine : qu’est-ce que la création artistique fait à une matière et à une filière ; comment les artistes s’en emparent et en font un objet d’exploration, de création ou d’investigation ?
Sabrina Calvo, artiste textile
Clara SALOMON, artiste textile et autrice ;
Rada BOUKOVA est artiste et enseignante à l’ÉSACM.

11h40 – Lecture, Élever, Elsa Sanial, éditions Sahus Sahus, 2025.

12h – Table ronde, Filmer, écrire, éditer

Cette table ronde interroge les relations entre pratiques artistiques, recherche et production de savoirs. À travers l’écriture, l’édition et le film documentaire, les intervenant·es reviendront sur les différentes manières de documenter des pratiques, des territoires et des mondes professionnels, et sur les formes de transmission qu’elles rendent possibles.
Elsa SANIAL, Éleveuse et autrice ;
Emmanuelle CHEYNS, Sociologue,
Marc PERRIN, auteur et éditeur ;
Modération par Nelly GIRARDEAU réalisatrice et documentariste, enseignante à l’ÉSACM et Anthony POIRAUDEAU, écrivain, enseignant à l’ÉSACM.

12h45 – Déjeuner – buffet ouvert à toustes

14h – Projection du film documentaire Une montagne sous contrat, réalisé par Emmanuelle CHEYS.

15h30 – Table ronde, Que produit la laine ? Élevage, travail, territoire.

À partir des expériences d’une éleveuse, d’une artiste-bergère, et d’une sociologue, cette table ronde propose de croiser différents points de vue sur les transformations économiques et écologiques qui affectent le travail agricole.
Daphné KAINCZ, Bergère et artiste
Emmanuelle CHEYNS, chercheure en sociologie au CIRAD
Elsa SANIAL, Éleveuse et autrice ;
Modération par Céleste CHERCHE, artiste et diplômée de l’ÉSACM.

16h45 – Table ronde, Transformer la laine, Filière, savoir-faire et création

La transformation de la laine repose sur un maillage complexe, impliquant des filières de récupération du matériau, des infrastructures industrielles et artisanales, des réseaux de valorisation. Cette table ronde s’intéresse au renouvellement de la filière, aux circuits qui se recomposent, aux nouveaux usages du matériau et à ses connexions avec la création contemporaine.
Nadège BLANCHOT, Gérante de la SCOP Terre de Laine
Clara SALOMON, artiste textile et autrice ;

Audrey SOUCHARD est coordinatrice aux Ateliers de la Bruyère
Marguerie SOULIER est artiste/designer textile et bergère saisonnière
Céleste CHERCHE, artiste et diplômée de l’ÉSACM.

——————————–
BIOGRAPHIES


Rada BOUKOVA
; artiste et enseignante à l’ÉSACM.

Nadège BLANCHOT ; Nadège Blanchot est gérante de la Scop Terre de laine. Après des études en psychologie sociale sur Clermont-Ferrand, elle exerce dans la restauration, avant de décider de s’installer à la campagne, sur la commune de St Pierre-Roche. En 2004, à la suite d’une remise en question, elle découvre le milieu de la laine paysanne. Persuadée que cette matière doit être mieux valorisée et doit reprendre sa place dans nos quotidiens, elle crée une Scop en rachetant en 2016 une entreprise existante d’achat revente de laine. En découlera l’entreprise Terre de laine, une boutique physique et une boutique en ligne proposant de la laine transformée en isolant thermique, vêtements, articles de literie, directement collectée auprès des éleveurs du Petit Massif Central.

Sabrina CALVO ; Née en 1974 à Marseille, poétesse et tisserande, Sabrina Calvo compose depuis presque trente ans une œuvre littéraire et plastique aux frontières du visible et de l’invisible : une fantasy impressionniste où l’intime, la spiritualité et l’absurde se mêlent à la mélancolie contemporaine. Elle vit et travaille à la Croix-Rousse, Lyon.

Céleste CHERCHE ; Céleste Cherche est artiste, diplômée de l’ESACM en 2025. Elle développe une pratique artistique pluri-disciplinaire qui repose sur des rencontres et des échanges avec divers métiers et savoir-faire. Actuellement en résidence de recherche à l’ESACM, elle y déploie une démarche d’enquête consacrée à la filière de la laine, impliquant pratiques participatives, documentaire et installation.

Emmanuelle CHEYNS ; Emmanuelle Cheyns est chercheure en sociologie au CIRAD. Ses recherches portent sur les questions environnementales et alimentaires, en Afrique, en Asie du Sud-Est et en France. Depuis 2020, elle mène une recherche sur le pastoralisme collectif de montagne dans les Hautes-Pyrénées, dans un contexte de tensions entre des usages locaux et des contrats incitatifs en faveur de la biodiversité. C’est à la suite de ce terrain qu’elle réalise un premier film documentaire long métrage : Une montagne sous contrat.

Nelly GIRARDEAU ; réalisatrice et documentariste, enseignante à l’ÉSACM. 

Daphné KAINCZ ; Daphné Kaincz a grandi dans un hameau des hautes alpes en séjournant régulièrement dans un refuge de montagne tenu par ses parents. Les aventures au refuge vont déterminer ses appétences artistiques. Après des études aux beaux-arts de Lyon, Rennes et Limoges, elle réalise plusieurs résidences (Le bel ordinaire ; L’envers Des Pentes ; Création en cours) en alternant pratique artistique et contrats agricoles. Les projets réalisés à cette période seront visibles dans différents centres d’art des Alpes à l’hiver 2025. La même année, elle participe à l’exposition collective Je bergère, tu bergères… au centre d’art Image Imatge. Le travail plastique de Daphné Kaincz repose sur une expérience quotidienne de la montagne.

Anthony POIRAUDEAU ; écrivain, enseignant à l’ÉSACM. 

Clara SALOMON ; Clara Salomon est diplômée de l’École des Beaux-Arts de Paris et titulaire d’un Brevet des Métiers d’Art de la Tapisserie d’Aubusson. Sa pratique explore les relations entre art et artisanat à travers le tissage, la tapisserie et le travail de la laine, dans une attention portée au territoire et à la matérialité. Elle a notamment dirigé la première publication française de En tissant, en créant d’Anni Albers (Flammarion, 2021). Installée en Creuse, elle cofonde le Laboratoire d’arts textiles et enseigne depuis 2022 à l’ENSAD Limoges.


Elsa SANIAL
; Après une thèse en géographie portant sur les pratiques agroforestières, Elsa SANIAL a travaillé pendant trois ans comme chargée de recherche au sein de l’association Nitidae. C’est en 2019 qu’elle décide de s’installer comme éleveuse de brebis en Haute-Loire (43), passant d’une approche théorique sur l’agriculture à une mise en pratique. En 2025, elle a écrit Elever (éditions Sahus sahus), texte sous forme poétique, témoignant de sa pratique d’éleveuse et de la place de l’élevage dans notre société contemporaine.

Marc PERRIN ; Marc Perrin écrit des textes qui deviennent parfois des livres : Vers un chant neuf en 2008, Avoir lieu en 2010, Spinoza in China en 2015. Il coordonne les activités de la revue Ce qui secret entre 2009 et 2018 et anime régulièrement des ateliers d’écriture. Avec Anne Kawala, il crée en 2022 les éditions sahus sahus et rejoint l’équipe de la librairie Pied-de-Biche Marque-Page en 2023 au Puy-en-Velay. En 2026, parution en feuilleton des Filles de Louise Michel sur le site du groupe Volodia.

Audrey SOUCHARD ; Audrey Souchard travaille depuis 4 ans aux Ateliers de la Bruyère comme coordinatrice du chantier d’insertion où elle a développé les ateliers feutrage et couture sur feutre de laine. Cette structure permet à des éleveurs partout en France de transformer leur laine et d’en obtenir un revenu complémentaire.Secrétaire de l’association Pôle Laine en Pays de Saugues qui œuvre pour valoriser la laine à échelle locale, Audrey participe également à la mise en place du micro-lavage de laine à Saugues, repris par la suite par les Ateliers de la Bruyère. Les projets communs de ces deux associations sont fédérés autour d’un atelier de cardage de laine et la création de produits en fils de laine locale, faisant travailler conjointement plusieurs entreprises de Haute-Loire.

Marguerie SOULIER ; Marguerie Soulier est artiste/designer textile et bergère saisonnière. Diplômée de l’ESACM et récemment installée dans le Béarn, elle développe un travail textile pictural centré sur le motif en utilisant plusieurs techniques artisanales. Quand vient l’été, elle part plusieurs mois en estive, garder des troupeaux de brebis dans les Pyrénées ou les Alpes. La pratique de Margueritte Soulier est en rapport constant avec le milieu pastoral, que ce soit dans les liens qu’elle tisse avec les éleveur·euses, les paysages qu’elle coud, la laine qu’elle travaille.

© Céleste CHERCHE

« Que l’apocalypse soit douce », exposition des diplômé·es 2026

L’exposition « Que l’apocalypse soit douce », des diplômé·es 2026, se tiendra du 2 au 8 octobre au Creux de l’Enfer à Thiers.
Sous le commissariat de Hélène BERTIN, elle réunira des travaux du diplômes des 5e année, au sein d’une scénographie réalisée par les élèves du Pavillon Bosio à Monaco.

→ Vernissage le jeudi 1er octobre 2026 à 18h.

→ Exposition ouverte du 2 au 8 octobre 2026
du lundi au vendredi de 14h à 18h
Au Creux de l’Enfer
85 Av. Joseph Claussat, 63300 Thiers

Design graphique par Gauthier PLAETEVOET et Ophélie MANCHON

Conférence Affsoongar, artiste iranienne en résidence à l’ÉSACM

Née en 1999, Affsoongar est une artiste iranienne autodidacte. Connue pour son travail engagée et underground, elle explore les thèmes de l’identité, de la condition féminine et de la résistance. Affsoongar est accueillie en résidence à l’ÉSACM de 14 septembre 2026 au 14 mars 2027 grâce au co-financement du programme PAUSE, programme national d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil, porté par le Collège de France.

Affsoongar (l’Enchanteresse) laisse entrevoir une femme fatale comme alter ego. À travers ce personnage, elle crée un contre-récit qui remet en question les systèmes de croyances conventionnels et suscite des idées qui brisent les tabous. Affsoongar puise son inspiration dans les créatures mythologiques anciennes, les miniatures persanes traditionnelles et les peintures des Qahveh Khaneh (anciens cafés), réinterprétant et réécrivant ces traditions visuelles à sa manière.
Sa représentation de ce personnage rebelle est étroitement liée au monde naturel, où force et vulnérabilité coexistent. Les femmes, à l’instar de la nature, sont résilientes : fragiles mais essentielles, souvent négligées ou considérées comme acquises. Tout comme la nature subit des dommages et se régénère, la femme d’Affsoongar renoue avec ses racines, se reconstruit et inspire les autres par sa persévérance inébranlable. Ses cicatrices témoignent de sa force durable et de son esprit indomptable.
La nature sert de cadre à ses figures nues et sans protection, qui coexistent en harmonie avec ses forces brutes et indomptées. Le corps humain nu, sans aucune protection, met en évidence l’équilibre entre vulnérabilité et force. Le lien avec la nature, associé à l’image d’une femme persane audacieuse et séduisante, capture l’essence de l’émancipation que les femmes iraniennes incarnaient autrefois avant d’être contraintes par le patriarcat et les tabous religieux.

Conférence en anglais.

Audrey GALAIS, Hervé BRÉHIER et Florent TERZAGHI, une exposition pour les Journées européennes du patrimoine 2026

Hervé BREHIER, Audrey GALAIS et Florent TERZAGHI, sont enseignant·es en dessin et peinture pour les cours du soir à l’ÉSACM. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, une exposition de leurs travaux sera visible, dans le grand atelier de l’ÉSACM.

→  samedi 19 septembre 2026 de 10h à 17h

L’exposition sera ensuite encore visible du lundi 21 au jeudi 24 septembre de 9h à 12h30 puis de 13h à 16h30.

Exposition « human slop » par l’artiste Htet AUNG LWIN

L’artiste birman queer Htet Aung Lwin clôture sa résidence à l’ÉSACM, initiée en janvier 2026, par une exposition monographique dans les salles d’exposition du 3e étage de l’école.

« human slop » est une ode aux façons de créer générée par l’homme et axées sur le processus. C’est une célébration de la nature vulnérable de la création et du fait de présenter son œuvre au monde, en sachant parfaitement qu’elle n’est peut-être pas la meilleure qui ait jamais été réalisée, mais qu’elle existe bel et bien. L’artiste ne cherche pas à lutter contre l’IA générative, mais plutôt à polluer les sphères dans lesquelles le «AI slop* » est consommée et consommée. Il espère remettre en question la manière dont nous interprétons et attribuons de la valeur à une œuvre, en abordant la création sous un angle mémétique. La nature post-ironique de l’œuvre a abouti, selon ses propres termes, à un retour à une sincérité totale.

Htet Aung Lwin est un·e conteur·euse qui travaille principalement avec les langages du cinéma et de la photographie, bien qu’iel s’identifie avant tout comme écrivain·e. Son travail explore les complexités du genre et de la sexualité, ainsi que la transformation de l’identité à travers la narration expérimentale.

« Pour moi, la liberté artistique consiste à créer malgré le gouvernement et les pouvoirs en place. Elle honore la partie la plus pure d’une personne qui souhaite créer et s’exprimer en toute sincérité. Elle est aujourd’hui devenue un privilège, même si cela ne devrait pas être le cas. Mais c’est un privilège que j’accepte avec une certaine culpabilité du survivant, une frustration récurrente et, finalement, un bref dépassement de celle-ci. »

Cette résidence bénéficie du soutien du programme PAUSE, programme national d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil, du Collège de France. Elle fait suite à une première résidence de 6 mois que Htet Aung Lwin avait réalisée en 2024 grâce au programme EMPM (EU Mobility Programme for Myanmar) porté par Campus France.

→ Exposition du 15 au 19 septembre
Vernissage le 15 septembre à 18h
Du 16 au 18 septembre entre 9h et 16h sur inscription
En visite libre le samedi 19 septembre, de 10h à 17h

 

*Littéralement « bouillie d’IA », désigne la surabondance de contenus numériques de faible qualité (textes, images, vidéos ou sons) générés massivement par des intelligences artificielles dans l’unique but de capter l’attention et de générer des clics.

 

 

École fermée du 27 juillet au 14 août 2026 inclus

L’école fermera ses portes pour 3 semaines cet été, entre le 27 juillet et le 14 août 2026.

La réouverture est prévue le lundi 17 août 2026, de 9h à 12h30 puis de 13h à 16h30, du lundi au vendredi.

 

 

Les étudiant·es participent à la Biennale de Saint-Flour

La Fabrique « Les Vallées de l’Hydre – La pastorale » est un groupe de travail qui réunit des étudiant·es de 3e et 4e année, autour du paysage et ses indices de l’ère anthropocène. Associée à la Biennale de Saint-Flour 2026, la Fabrique s’est intéressée à la notion de pastoralisme, a requestionné les formes de représentation de ces espaces et de ces activités à l’heure d’une ère anthropocène qui impose de retravailler, repenser, réadapter les modes de cultures et en particulier de l’élevage. Ce travail sera restitué dans le cadre de la programmation de la Biennale de Saint-Flour, sur la commune de Valuejols.

→ Vernissage le samedi 4 juillet 2026, à 15h à Valuejols (15300)

→ La carte en PDF. (Une création graphique par les étudiant·es)

Retrouvez les titres et descriptifs des pièces présentées in situ :  Ines BESOMBES-VAILHE, Iris CHARLY, Julie CURAUDEAU, Gabriel DEBRA, Charly DELPUECH, Sara DIAS, Stephen FAYE, Coline JARES, Shitong HE, Madeleine HOUZE, Romain POSTEL, Noah SALGADO, Cyrille SENEZE, Sofiia YEVLANINKOVA.

 

————————

Un monde encore habitable

Cédric Loire

Éprouver les vents, les versants, les plateaux. Mesurer le territoire à l’aune de son propre corps, en pas, en souffle. Le pastoralisme s’y laisse approcher autrement : non comme une pratique traditionnelle — surtout pas folklorique — mais comme une quotidienneté vécue, nécessaire, en même temps qu’une forme d’attention au monde. À l’heure de l’Anthropocène qui ébranle nos certitudes et exige de repenser nos modes de production, cheminer à travers les étendues pastorales soulève des interrogations multiples : peut-on à la fois produire et protéger ? Peut-on tenir encore, et de quelles manières ?

Ici comme ailleurs, le pastoralisme dessine des trajectoires lentes. Il n’est pas seulement conduite des bêtes ; il est manière d’habiter. Il engage à « faire avec » : le climat, les saisons, les ressources, les imprévus ; faire avec le terrain, sa géologie, ses variations, ses contraintes. Avec l’eau qui s’insinue, affleure ici dans les narses, s’infiltre sous les prairies, rejaillit là, s’étire en ruisseaux. Elle imprègne, érode, s’écoule, ravine, fait réseau. Elle façonne les usages autant qu’elle les contraint. Invisible parfois, agissante toujours, elle rappelle que le territoire ne se limite pas à sa surface, et que ses profondeurs portent autant de promesses que de menaces.

Une traversée. Une expérience vécue, où parfois se glisse la présence furtive du loup, qui fait vaciller les équilibres, force à cohabiter — protéger sans enfermer, veiller sans relâche. S’élaborent des gestes discrets, répétés, des dispositifs ingénieux, des objets modestes : autant de manières de porter attention. Le soin devient une forme de langage, une façon de tenir ensemble ce qui pourrait se disperser, se perdre.

Regarder, alors, requiert du temps. Pour saisir les rythmes, les singularités, les écarts, les altérations silencieuses du monde, les apparitions : un éclat de lumière sur la Planèze ; dans l’herbe, la trace du passage animal ; au loin, une architecture solitaire ; une histoire partagée dans la chaleur de l’étable ou de la bergerie. Les images saisies ne figent pas : elles frôlent ce que tissent, mêlées, les présences humaines et non-humaines.

C’est dans cet entrelacs que s’inscrit le travail mené par des étudiant.es en art au fil de plusieurs séjours à Valuéjols. Ils et elles ont arpenté ces espaces. Observé, rencontré, écouté celles et ceux qui vivent ici, qui travaillent, gardent, prennent soin, et racontent.
De ces expériences vécues et partagées sont nées des formes, qui tentent d’en saisir les traces, s’immiscent dans le paysage pour mieux l’observer, recueillent les récits innervant ces lieux. Elles déplacent notre regard sur la ruralité, perçue non comme un cadre immuable, mais comme un espace vivant, parcouru de profondes transformations. Elles ne cherchent pas à fixer, mais à approcher : gestes, sons, objets, paysages… Ce qui en résulte ne se laisse pas saisir d’un bloc : elles sont fragments, tentatives, formes ouvertes. Des gestes qui interrogent : que signifie produire aujourd’hui, dans un monde traversé de tensions écologiques ? Comment partager un territoire ? Comment vivre sans épuiser, exploiter sans détruire ?

Peut-être s’agit-il simplement de cela : apprendre à coexister. Concilier des présences hétérogènes.
Reconnaître, dans ce qui persiste et dans ce qui change, les possibilités d’un monde encore habitable.