« Que l’apocalypse soit douce », exposition des diplômé·es 2026

L’exposition « Que l’apocalypse soit douce », des diplômé·es 2026, se tiendra du 2 au 8 octobre au Creux de l’Enfer à Thiers.
Sous le commissariat de Hélène BERTIN, elle réunira des travaux du diplômes des 5e année, au sein d’une scénographie réalisée par les élèves du Pavillon Bosio à Monaco.

→ Vernissage le jeudi 1er octobre 2026 à 18h.

 Exposition ouverte du 2 au 8 octobre 2026
du lundi au vendredi de 14h à 18h
Au Creux de l’Enfer
85 Av. Joseph Claussat, 63300 Thiers

Design graphique par Gauthier PLAETEVOET et Ophélie MANCHON

Audrey GALAIS, Hervé BRÉHIER et Florent TERZAGHI, une exposition pour les Journées européennes du patrimoine 2026

Hervé BREHIER, Audrey GALAIS et Florent TERZAGHI, sont enseignant·es en dessin et peinture pour les cours du soir à l’ÉSACM. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, une exposition de leurs travaux sera visible, dans le grand atelier de l’ÉSACM.

 samedi 19 septembre 2026 de 10h à 17h

L’exposition sera ensuite encore visible du lundi 21 au jeudi 24 septembre de 9h à 12h30 puis de 13h à 16h30.

Journée d’étude « La-la-laine, réalités d’une filière »

La journée d’étude « La La Laine · Réalités d’une filière », prend comme point de départ un matériau : la laine pour explorer ce qu’il dit d’un territoire, d’une économie et des pratiques artistiques. En croisant les points de vue – des formes contemporaines de recherche et de création aux ressources locales, de l’élevage au travail de la matière – cette journée permettra d’articuler analyse des structures de production et réflexion esthétique autour des matériaux, des gestes et de leurs contextes.

Une journée qui s’inscrit dans le cadre de la Biennale Textile, et est soutenu par la Région Auvergne Rhône Alpes dans le cadre de son action de soutien au développement territorial de l’enseignement supérieur.

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PROGRAMME COMPLET

 

10h-10h15 : Mot d’ouvertureCéleste Cherche, Zoé Haller et Philippe Eydieu

 
Lancement de la performance de Céleste Cherche
Initiation au raccommodage de curons.
Les curons sont des sacs en toile tressée utilisés pour le transport et le stockage de la laine après la tonte.
Ils ont l’avantage de maintenir la laine à l’abri de l’humidité tout en la laissant respirer. Or, au regard de la déstructuration de la filière ces dernières décennies, Il n’est plus possible de se procurer ces sacs neufs.

Nous allons donc raccommoder quelques uns de ces sacs donnés par Terre de Laine, afin de les rendre réutilisable. 

10h20–10h40 — Lecture
Anni Albers En tissant, en créant, Anni Albers, par Clara Salomon. Introduction de la journée par une réflexion sur le textile comme pratique, comme matériau et comme médium artistique.
10h45–11h30 — Table ronde 1 : Textile
Clara Salomon, Sabrina Calvo – modération par Rada Boukova (artiste et enseignante à l’ÉSACM).
À partir de la place du textile dans l’histoire de l’art et de l’œuvre d’Anni Albers, cette table ronde élargit la réflexion à ce qui entoure le matériau de la laine : qu’est-ce que la création artistique fait à une matière et à une filière ; comment les artistes s’en emparent et en font un objet d’exploration, de création ou d’investigation ?
Les intervenant·es : 
Sabrina Calvo est artiste-textile, auteurice de sciences fiction, scénariste et conceptrice de jeux vidéo, elle enseigne par ailleurs la mode et les nouveaux médias à la HEAD de Genève.
Clara Salomon — Artiste textile et autrice, elle mène une recherche sur les pratiques textiles contemporaines et a traduit les écrits d’Anni Albers. Son travail articule création, artisanat, histoire des techniques et recherche.
11h4012h – Lecture

Élever, Elsa Sanial, éditions Sahus Sahus, 2025.

12h-12h45 Table ronde 2, Filmer, écrire, éditer
Elsa Sanial, Marc Perrin, Emmanuelle Cheyns, modération par Nelly Girardeau (réalisatrice et documentariste) et Anthony Poiraudeau (écrivain), toustes 2 enseignant à l’ESACM
Cette table ronde interroge les relations entre pratiques artistiques, recherche et production de savoirs. À travers l’écriture, l’édition et le film documentaire, les intervenant·es reviendront sur les différentes manières de documenter des pratiques, des territoires et des mondes professionnels, et sur les formes de transmission qu’elles rendent possibles.
Les intervenant·es : 
Elsa Sanial – Géographe de formation, elle est éleveuse de brebis en Haute-Loire et autrice de Élever, publié aux éditions Sahus Sahus en 2025.
Marc Perrin – Artiste et éditrice, cofondatrice de la maison d’édition Sahus Sahus, elle développe un travail autour de l’écriture, de l’édition et des formes de recherche artistique.
Emmanuelle Cheyns – Sociologue, ses recherches portent sur les politiques agricoles, les mondes ruraux, les filières de production et les transformations du travail agricole. Elle réalise également des films documentaires à partir de ses recherches et de ses enquêtes de terrain, dont Une montagne sous contrat.
12h45–14h – Déjeuner – buffet ouvert à toustes
14h–15h15  – Projection du film documentaire Une montagne sous contrat, réalisé par Emmanuelle Cheyns.

 

15h30 – 16h15– Table ronde 3, Que produit la laine ? Élevage, travail, territoire
Elsa Sanial , Daphné Kaincz, Emmanuelle Cheyns, modération par Céleste Cherche
À partir des expériences d’une éleveuse, d’une artiste-bergère, et d’une sociologue, cette table ronde propose de croiser différents points de vue sur les transformations économiques et écologiques qui affectent les pratiques agricoles et pastorales. Croiser expérience professionnelle, pratique artistique et enquête sociologique afin d’interroger ce que la laine donne à voir des transformations du travail agricole et des territoires ruraux.
Les intervenant·es :
Elsa Sanial
– Géographe de formation, elle est éleveuse de brebis en Haute-Loire et autrice de Élever, publié aux éditions Sahus Sahus en 2025. Son travail articule expérience de l’élevage, territoire, écriture et réflexion sur les mondes pastoraux.
Daphné Kaincz
– Bergère et artiste, elle développe une pratique à l’articulation de l’élevage, du territoire et de la création artistique. Elle participe à cette table ronde à partir de cette double expérience.
Emmanuelle Cheyns
– Sociologue, ses recherches portent sur les politiques agricoles, les mondes ruraux, les filières de production et les transformations du travail agricole. Son approche permet de mettre en perspective les expériences de terrain et les transformations plus larges des mondes agricoles.

16h45–17h30 — Table ronde 4, Transformer la laine – Filière, savoir-faire et création
Nadège Blanchot, Clara Salomon, Audrey Souchard et Marguerie Soulier, – modération par Céleste Cherche
Produire de la laine ne constitue que le premier moment d’une chaîne de transformations qui engage des savoir-faire, des structures, des économies et des pratiques artistiques. Cette table ronde s’intéresse à ce qui se joue entre la matière produite et ses différentes formes de valorisation : transformation, structuration de la filière, circuits courts, transmission des savoir-faire et nouveaux usages du matériau. La discussion interrogera les conditions de développement d’une filière locale et les possibilités de rencontre entre production, transformation, savoir-faire et création contemporaine.

Les intervenant·es : 
Nadège Blanchot – Gérante de la SCOP Terre de Laine, elle œuvre au développement de la filière laine et à la valorisation des ressources locales. Son activité s’inscrit dans une démarche de structuration et de développement d’une filière territoriale.
Clara Salomon – Artiste textile et autrice, elle mène une recherche sur les pratiques textiles contemporaines et a traduit les écrits d’Anni Albers. Son travail articule création, artisanat, histoire des techniques et recherche
Audrey Souchard – Pôle Laine – Les Ateliers de la Bruyère, Saugues
Marguerie Soulier est artiste, designer textile et bergère saisonnière.

Exposition « human slop » par l’artiste Htet AUNG LWIN

L’artiste birman queer Htet Aung Lwin clôture sa résidence à l’ÉSACM, initiée en janvier 2026, par une exposition monographique dans les salles d’exposition du 3e étage de l’école.

« human slop » est une ode aux façons de créer générée par l’homme et axées sur le processus. C’est une célébration de la nature vulnérable de la création et du fait de présenter son œuvre au monde, en sachant parfaitement qu’elle n’est peut-être pas la meilleure qui ait jamais été réalisée, mais qu’elle existe bel et bien. L’artiste ne cherche pas à lutter contre l’IA générative, mais plutôt à polluer les sphères dans lesquelles le «AI slop* » est consommée et consommée. Il espère remettre en question la manière dont nous interprétons et attribuons de la valeur à une œuvre, en abordant la création sous un angle mémétique. La nature post-ironique de l’œuvre a abouti, selon ses propres termes, à un retour à une sincérité totale.

Htet Aung Lwin est un·e conteur·euse qui travaille principalement avec les langages du cinéma et de la photographie, bien qu’iel s’identifie avant tout comme écrivain·e. Son travail explore les complexités du genre et de la sexualité, ainsi que la transformation de l’identité à travers la narration expérimentale.

« Pour moi, la liberté artistique consiste à créer malgré le gouvernement et les pouvoirs en place. Elle honore la partie la plus pure d’une personne qui souhaite créer et s’exprimer en toute sincérité. Elle est aujourd’hui devenue un privilège, même si cela ne devrait pas être le cas. Mais c’est un privilège que j’accepte avec une certaine culpabilité du survivant, une frustration récurrente et, finalement, un bref dépassement de celle-ci. »

Cette résidence bénéficie du soutien du programme PAUSE, programme national d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil, du Collège de France. Elle fait suite à une première résidence de 6 mois que Htet Aung Lwin avait réalisée en 2024 grâce au programme EMPM (EU Mobility Programme for Myanmar) porté par Campus France.

→ Exposition du 15 au 19 septembre
Vernissage le 15 septembre à 18h
Du 16 au 18 septembre entre 9h et 16h sur inscription
En visite libre le samedi 19 septembre, de 10h à 17h

 

*Littéralement « bouillie d’IA », désigne la surabondance de contenus numériques de faible qualité (textes, images, vidéos ou sons) générés massivement par des intelligences artificielles dans l’unique but de capter l’attention et de générer des clics.

 

 

École fermée du 27 juillet au 14 août 2026 inclus

L’école fermera ses portes pour 3 semaines cet été, entre le 27 juillet et le 14 août 2026.

La réouverture est prévue le lundi 17 août 2026, de 9h à 12h30 puis de 13h à 16h30, du lundi au vendredi.

 

 

Rencontre avec le réalisateur Stéphane Gérard et projection

Rencontre avec le réalisateur Stéphane Gérard à l’occasion de sa résidence de recherche et de création à l’ÉSACM, du 15 au 26 juin, autour de la mémoire de Lionel Soukaz.

Le cinéma expérimental de Stéphane Gérard se concentre sur les luttes politiques et l’histoire des représentations du genre, de l’orientation sexuelle, du VIH/sida et des personnes racisées. Son travail s’accompagne d’une réflexion sur les archives audiovisuelles, la programmation (Cinémathèque française, Anthology Film Archives) et la distribution au sein du collectif What’s YourFlavor?, dédié au cinéma expérimental queer en France. Sa collaboration avec Lionel Soukaz (1953–2025), réalisateur engagé dès les années 1970 au sein du FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire), s’inscrit dans cette attention portée aux archives. Soukaz est notamment l’auteur, avec Guy Hocquenghem, de Race d’Ep, histoire d’un siècle d’homosexualité (1979), ainsi que du Journal Annales, vaste ensemble de plus de 2 000 heures d’images, à la fois document historique et œuvre autobiographique, aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale de France. De 2009 jusqu’à son décès en 2025, Stéphane Gérard collabore avec lui à la réalisation de films de montage à partir de ces bandes, donnant lieu notamment à deux coréalisations En Corps + en 2021, présenté au Mucem dans le cadre de l’exposition « VIH/sida : l’épidémie n’est pas finie » en 21-22, et Artistes en Zone Troublés présenté pendant l’exposition « Exposé·e·s » au Palais de Tokyo en 2023).

Prolongeant ce travail au long cours sur les archives, leur préservation et leurs réactivations possibles dans le présent, cette résidence s’inscrit dans le cadre du cycle de recherche « Archives/Dormance » que l’ÉSACM a initié dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026. Ce cycle prend la forme de résidences, de workshops et d’un colloque étayé par une programmation cinéma et une exposition. Il prend pour point de départ la recherche de Sido Lansari, artiste et chercheur à la Coopérative de recherche, dont le travail met en lumière le manque de représentations des personnes d’origine nord-africaine dans l’histoire LGBTQIA+ en France.

Ce cycle questionne les méthodes et les formes capables de réunir les conditions d’activation de ces archives défaillantes ou empêchées, et ainsi pose les bases d’une réflexion élargie sur la fabrique de récits contemporains et sur la possibilité d’une archive vivante, ouverte aux déviations et aux devenirs.

Projection du documentaire La Machine avalée, 15min. 

« Voilà l’histoire d’une machine qui ne se nomme pas elle-même et produit des images qui peuvent rendre malade, qui donnent la nausée. Avalée par certains puissants, faiseurs de médias et distributeurs de culture, elle reproduit ses stéréotypes auprès de générations de nouveaux regards. Mais tous ne sont pas égaux devant ces images. Les jeunes noirs de France n’y trouvent pas les réponses à leurs questions. À force de cacher leur reflet dans le grand miroir culturel, cette machine avalée nourrit la colère. Finirait-elle par travailler à sa propre perte ? »

Légende image : © Stéphane Gérard / Collectif Jeune Cinéma

 

Présentation Saison Méditerranée 2026 

À Marseille en juin 2023, le Président de la République a annoncé l’organisation d’une Saison Méditerranée en 2026 pour faire émerger des projets communs de toutes les rives de la Méditerranée.

La Saison Méditerranée 2026 met en valeur la richesse et la diversité des cultures méditerranéennes. Elle célèbre les artistes, les créateurs et les créatrices et les jeunes talents de ces régions, en valorisant les échanges culturels et humains.

Portée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Culture en lien avec la Délégation interministérielle à la Méditerranée, la Saison Méditerranée 2026 est mise en œuvre par l’Institut français sous le commissariat général de Julie Kretzschmar.

La Saison Méditerranée, après une ouverture populaire et festive à Marseille, se déroule principalement en France, sur l’ensemble du territoire, entre le 15 mai et le 31 octobre 2026.

Elle rayonne sur les rives de la Méditerranée à travers l’organisation de plusieurs événements en lien avec les scènes artistiques, les structures culturelles de la région et le réseau diplomatique français à l’étranger.

Cette Saison est l’occasion de valoriser les initiatives des jeunesses et des diasporas, accompagner la création et l’innovation par la circulation des idées et des personnes et encourager les coopérations entre les sociétés civiles, en particulier avec le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte et le Liban.La Saison a proposé 5 thématiques pour adresser les questions contemporaines en commun : les utopies spéculatives, les identités plurielles, les spiritualités contemporaines, l’histoire collective des migrations, la construction des récits.

1. Les utopies spéculatives

– Modes de vies, fragilisation et nouvelles adaptations, initiatives environnementales ;

– Solidarités et pratiques collectives autour de la réparation et de la préservation du vivant.

La mer Méditerranée est une zone de vulnérabilité au cœur des urgences climatiques, propice à l’invention de pratiques qui relient justices sociale et environnementale pour un monde durable.

2. Les identités plurielles

– Hybridation, fluidité, multiplicité et agentivité des identifications ;

– Mixage de langues, créolisation linguistique.

La réinvention d’identités plurielles, notamment incarnées par les jeunes générations, produit des représentations alternatives et inclusives qui conjuguent identités particulières et imaginaires transculturels.

3. Les spiritualités contemporaines

– La réinvention et la transformation des rituels ;

– Les transmissions et les héritages.

Comment l’empreinte des spiritualités contemporaines pénètre les univers séculiers et les quotidiens dans les cultures des rives de la Méditerranée, comment celles-ci habitent et mettent en partage les cultures populaires ?

4. L’histoire collective des migrations

– Les histoires mémorielles et biographiques

– Les histoires des binationauxLes mémoires des migrations, les histoires diasporiques peuvent être vectrices d’un socle pour penser le commun et le présent, et composer, depuis les parcours et les patrimoines, un récit national vivant et contemporain.

5. La construction des récits

– Documenter le présent, archives vivantes ;

– Mettre en fiction le réel.

Les sociétés civiles sont mobilisées sur les enjeux globaux et initiatrices de nouveaux dialogues entre les individus, les systèmes étatiques et les régimes de pouvoir.

Les étudiant·es participent à la Biennale de Saint-Flour

La Fabrique « Les Vallées de l’Hydre – La pastorale » est un groupe de travail qui réunit des étudiant·es de 3e et 4e année, autour du paysage et ses indices de l’ère anthropocène. Associée à la Biennale de Saint-Flour 2026, la Fabrique s’est intéressée à la notion de pastoralisme, a requestionné les formes de représentation de ces espaces et de ces activités à l’heure d’une ère anthropocène qui impose de retravailler, repenser, réadapter les modes de cultures et en particulier de l’élevage. Ce travail sera restitué dans le cadre de la programmation de la Biennale de Saint-Flour, sur la commune de Valuejols.

→ Vernissage le samedi 4 juillet 2026, à 15h à Valuejols (15300)

La carte en PDF. (Une création graphique par les étudiant·es)

Retrouvez les titres et descriptifs des pièces présentées in situ :  Ines BESOMBES-VAILHE, Iris CHARLY, Julie CURAUDEAU, Gabriel DEBRA, Charly DELPUECH, Sara DIAS, Stephen FAYE, Coline JARES, Shitong HE, Madeleine HOUZE, Romain POSTEL, Noah SALGADO, Cyrille SENEZE, Sofiia YEVLANINKOVA.

 

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Un monde encore habitable

Cédric Loire

Éprouver les vents, les versants, les plateaux. Mesurer le territoire à l’aune de son propre corps, en pas, en souffle. Le pastoralisme s’y laisse approcher autrement : non comme une pratique traditionnelle — surtout pas folklorique — mais comme une quotidienneté vécue, nécessaire, en même temps qu’une forme d’attention au monde. À l’heure de l’Anthropocène qui ébranle nos certitudes et exige de repenser nos modes de production, cheminer à travers les étendues pastorales soulève des interrogations multiples : peut-on à la fois produire et protéger ? Peut-on tenir encore, et de quelles manières ?

Ici comme ailleurs, le pastoralisme dessine des trajectoires lentes. Il n’est pas seulement conduite des bêtes ; il est manière d’habiter. Il engage à « faire avec » : le climat, les saisons, les ressources, les imprévus ; faire avec le terrain, sa géologie, ses variations, ses contraintes. Avec l’eau qui s’insinue, affleure ici dans les narses, s’infiltre sous les prairies, rejaillit là, s’étire en ruisseaux. Elle imprègne, érode, s’écoule, ravine, fait réseau. Elle façonne les usages autant qu’elle les contraint. Invisible parfois, agissante toujours, elle rappelle que le territoire ne se limite pas à sa surface, et que ses profondeurs portent autant de promesses que de menaces.

Une traversée. Une expérience vécue, où parfois se glisse la présence furtive du loup, qui fait vaciller les équilibres, force à cohabiter — protéger sans enfermer, veiller sans relâche. S’élaborent des gestes discrets, répétés, des dispositifs ingénieux, des objets modestes : autant de manières de porter attention. Le soin devient une forme de langage, une façon de tenir ensemble ce qui pourrait se disperser, se perdre.

Regarder, alors, requiert du temps. Pour saisir les rythmes, les singularités, les écarts, les altérations silencieuses du monde, les apparitions : un éclat de lumière sur la Planèze ; dans l’herbe, la trace du passage animal ; au loin, une architecture solitaire ; une histoire partagée dans la chaleur de l’étable ou de la bergerie. Les images saisies ne figent pas : elles frôlent ce que tissent, mêlées, les présences humaines et non-humaines.

C’est dans cet entrelacs que s’inscrit le travail mené par des étudiant.es en art au fil de plusieurs séjours à Valuéjols. Ils et elles ont arpenté ces espaces. Observé, rencontré, écouté celles et ceux qui vivent ici, qui travaillent, gardent, prennent soin, et racontent.
De ces expériences vécues et partagées sont nées des formes, qui tentent d’en saisir les traces, s’immiscent dans le paysage pour mieux l’observer, recueillent les récits innervant ces lieux. Elles déplacent notre regard sur la ruralité, perçue non comme un cadre immuable, mais comme un espace vivant, parcouru de profondes transformations. Elles ne cherchent pas à fixer, mais à approcher : gestes, sons, objets, paysages… Ce qui en résulte ne se laisse pas saisir d’un bloc : elles sont fragments, tentatives, formes ouvertes. Des gestes qui interrogent : que signifie produire aujourd’hui, dans un monde traversé de tensions écologiques ? Comment partager un territoire ? Comment vivre sans épuiser, exploiter sans détruire ?

Peut-être s’agit-il simplement de cela : apprendre à coexister. Concilier des présences hétérogènes.
Reconnaître, dans ce qui persiste et dans ce qui change, les possibilités d’un monde encore habitable.

 

Exposition des élèves des cours publics

L’exposition des travaux des cours publics proposera, du 1er au 3 juillet 2026, de découvrir les travaux des élèves des cours hebdomadaires de dessin et de peinture de l’ÉSACM, qui ont été accompagné·es toute l’année par les plasticien·nes Hervé Bréhier, Audrey Galais et Florent Terzaghi.
Au delà d’une sélection de productions issues des cours de l’année, seront présentés des travaux menés lors de séances avec des artistes invités, ainsi que des initiations à d’autres techniques, comme la gravure.

→ Vernissage le mardi 30 juin 2026 à 18h.

Exposition ouverte du mercredi 1er au vendredi 3 juillet 2026
– mercredi 1er juillet de 9h30 à 12h30 et de 13h à 17h
– jeudi 2 juillet de 9h30 à 12h30 et de 13h à 17h
– vendredi 3 juillet de 9h30 à 12h30

→ Inscriptions aux cours 2026-2027 par tirage au sort. Dépôt des dossiers du lundi 15 juin au jeudi 2 juillet 2026. Communication des résultats le vendredi 3 juillet 2026. + d’infos ici