Gaël Salefranque

Audrey Bapt

Capucine Portal

Charlotte Durand

Par le biais de l’installation décorative, de la peinture et du dessin réaliste, du piano, du mixage vidéo, de la performance et du costume, je manipule les codes de la mise en scène du théâtre traditionnel pour en déjouer l’organisation.

Mon travail tend à troubler le rapport entre scène, décors, costumes et personnages devenus formes autonomes, les acteur·trice·s qui les activent et le·a spectateur·trice. Le hors-champ devient spectacle, le simulacre, réalité.
Sommes-nous sur la scène ou dans le public ?
Sommes-nous acteur·trice ou spectateur·trice·s ?

Mes performances prennent la forme de déambulations auxquelles les spectateur·trice·s participent. Je les pense comme des montages de films, avec des transitions, des variations de rythme; des moments de souffle ou de précipitation. En empruntant des astuces au monde de la magie, du cinéma et du théâtre, je joue avec la perception, l’inconscient parfois.
J’opère des allers-retours entre les formes qui nous entourent, et des performances irl ou virtuelles, produisant une sensation de déjà-vu.
Ma recherche théorique explore les problématiques féministes, décoloniales, sex positiv et le lien entre théâtre et sociologie.

Mes travaux plus récents s’inspirent d’une imagerie de la Comedia dell’Arte, des contes de fées, de la peinture de vanité et abordent les thématiques de genre, de care et de sexualité.
À travers une stratégie du détournement, les personnages archétypaux du théâtre classique, de la princesse au grand méchant loup, deviennent des figures puissantes et bienveillantes. Leur costume, accessoires, se mêlent à leur tenues civiles, leur rôle à leur personnalité véritable. Ce panel de personnages est pensé à partir de certains traits de leur caractère, comme des espèces de caricatures. Dans cette intention, l’écriture des différents profils respecte le genre de chacun·e des performeur·e.
Le statut social de chaque acteur·trice·s est remis en question participant à l’élaboration d’un microcosme utopique.

La performance que j’ai présenté au DNSEP est une déambulation orchestrée de la durée de la présentation, 15 minutes. Le·a spectateur·trice est pris·e dans une mise en scène dont iel ne peut vraiment distinguer les limites, et dans laquelle iel est inévitablement et malgré lui·elle un·e acteur·trice potentiel·le.

La performance débute dans une pièce imaginaire, suggérée par la disposition de différents éléments; la «porte» (The Gate), un rideau de théâtre qui n’a ni envers ni endroit, de mobilier domestique «sur scène», puisqu’au centre de l’espace d’accrochage et éclairé par des spots; vocabulaire du plateau de cinéma ou de télévision.
Accueilli·e·s par les personnages de Lu portiæ et La Chevalière, les spectateur·trice sont invité·es à assister à une première performance virtuelle, Plantasia_bug.

La suite de cette déambulation pressera le public à passer devant les loges des performeur·e·s, donnant une fois de plus, accès à un envers de décor, lui-même mis en scène…

https://www.instagram.com/charlottedrand/

Alexande Boiron

Grâce aux concepts et théories qui animent les Sciences physiques et biologiques,  Alexandre Boiron crée des installations, des espaces et des corps qui explorent d’autres dimensions : qu’elles soient mesurables ou non. Sa pratique et ses recherches s’articulent autour des technologies, des corps (du) vivants, des nouvelles espèces et de leurs places dans des dimensions intersectionnelles, sociales, politiques et sentimentales.

Soucieux de l’avenir environnemental, des gestes écologiques, et du “devenir-cyborg”, son souhait de mettre en places des fictions à travers différents médium permettent de sensibiliser aux différents discours/récits qui résonne dans le réel, l’imaginaire, collectif ou non, où fiction et réalité s’enchevêtrent. C’est dans une politique du care et de sensibilisation qu’il propose son travail comme « tentative de réparation du monde ». Un espace science-fictionnel où tous les corps matériels possèderaient un potentiel romantique. Ces corps sont en relation entre eux et racontent des futurs possibles. ils sont doués de mouvement, de voix, de poésie, de caractères vivants, et s’adressent aux spectateurs pour susciter de l’empathie, questionner la relation à l’autre, à l’environnement, au monde.

Par l’interface numérique et le codage informatique il dote ses  « Machines à poésie » de caractères vivant dont il  y attache une certaine affection.

Par le biais du récit, technosceptique, à l’heure de l’inflation des données, de la crise des représentations, du genre, de l’adresse à l’autre ou de l’environnement, comment raconter le réel pour reconsidérer les paradigmes actuels des sociétés occidentales ?