Le cycle de recherche « Archives/Dormance » porté par l’ÉSACM prend la forme de résidences, de workshops et d’un colloque étayé par une programmation cinéma et une exposition. Il prend pour point de départ la recherche de Sido Lansari, artiste et chercheur à la Coopérative de recherche, dont le travail met en lumière le manque de représentations des personnes d’origine nord-africaine dans l’histoire LGBTQIA+ en France.
Ce cycle questionne les méthodes et les formes capables de réunir les conditions d’activation de ces archives défaillantes ou empêchées, et ainsi pose les bases d’une réflexion élargie sur la fabrique de récits contemporains et sur la possibilité d’une archive vivante, ouverte aux déviations et aux devenirs.
La résidence du collectif marocain Tizintizwa, du 1er au 6 juin 2026 puis en octobre, inaugure le cycle Archives/Dormance et en constitue le socle collaboratif. Le collectif participe à la réflexion autour du cycle dans une logique de co-construction entre les deux rives de la Méditerranée. Lors du premier temps de résidence, une présentation publique ainsi qu’une projection du court-métrage Teide est organisée à l’ÉSACM, pour introduire au travail du collectif représenté dans le cadre de ce cycle par deux des artistes : Nadir Bouhmouch (artiste et cinéaste) et Soumeya Ait Ahmed (travailleuse culturelle, productrice et chercheuse en art). Cette première résidence vise également à développer une proposition d’exposition faisant écho au colloque Archives/Dormance prévue en octobre.
« Le collectif Tizintizwa développe une pratique de création collective fondée sur les échanges interculturels et le travail collaboratif. Leur démarche s’attache à faire émerger des formes de dialogue à partir des écarts, des tensions et des pluralités et sur la valorisation de l’hétérogénéité dans la nature et la culture. Leurs projets s’articulent autour de collaborations avec des communautés agricoles, de la documentation de l’oralité, de l’observation des transformations écologiques, de l’initiation de conversations interrégionales et de la mise en lumière de l’importance de la transmission transgénérationnelle et des relations entre la terre et les peuples. Leur travail a été présenté à la Documenta15, la 35eBiennale de São Paulo, au Centre Pompidou Metz et au Festival international du film documentaire d’Amsterdam. Les membres du collectif sont : Oumaima Abaraghe, Soumeya Ait Ahmed, Nadir Bouhmouch, Montasser Drissi et Houda Jouaij. »
→ Conférence lundi 1er juin à 18h. Gratuit et ouvert à toustes.
Légende image : Photogramme du film TEIDE © Collectif Tizintizwa
Présentation Saison Méditerranée 2026
À Marseille en juin 2023, le Président de la République a annoncé l’organisation d’une Saison Méditerranée en 2026 pour faire émerger des projets communs de toutes les rives de la Méditerranée.
La Saison Méditerranée 2026 met en valeur la richesse et la diversité des cultures méditerranéennes. Elle célèbre les artistes, les créateurs et les créatrices et les jeunes talents de ces régions, en valorisant les échanges culturels et humains.
Portée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Culture en lien avec la Délégation interministérielle à la Méditerranée, la Saison Méditerranée 2026 est mise en œuvre par l’Institut français sous le commissariat général de Julie Kretzschmar.
La Saison Méditerranée, après une ouverture populaire et festive à Marseille, se déroule principalement en France, sur l’ensemble du territoire, entre le 15 mai et le 31 octobre 2026.
Elle rayonne sur les rives de la Méditerranée à travers l’organisation de plusieurs événements en lien avec les scènes artistiques, les structures culturelles de la région et le réseau diplomatique français à l’étranger.
Cette Saison est l’occasion de valoriser les initiatives des jeunesses et des diasporas, accompagner la création et l’innovation par la circulation des idées et des personnes et encourager les coopérations entre les sociétés civiles, en particulier avec le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte et le Liban.La Saison a proposé 5 thématiques pour adresser les questions contemporaines en commun : les utopies spéculatives, les identités plurielles, les spiritualités contemporaines, l’histoire collective des migrations, la construction des récits.
1. Les utopies spéculatives
– Modes de vies, fragilisation et nouvelles adaptations, initiatives environnementales ;
– Solidarités et pratiques collectives autour de la réparation et de la préservation du vivant.
La mer Méditerranée est une zone de vulnérabilité au cœur des urgences climatiques, propice à l’invention de pratiques qui relient justices sociale et environnementale pour un monde durable.
2. Les identités plurielles
– Hybridation, fluidité, multiplicité et agentivité des identifications ;
– Mixage de langues, créolisation linguistique.
La réinvention d’identités plurielles, notamment incarnées par les jeunes générations, produit des représentations alternatives et inclusives qui conjuguent identités particulières et imaginaires transculturels.
3. Les spiritualités contemporaines
– La réinvention et la transformation des rituels ;
– Les transmissions et les héritages.
Comment l’empreinte des spiritualités contemporaines pénètre les univers séculiers et les quotidiens dans les cultures des rives de la Méditerranée, comment celles-ci habitent et mettent en partage les cultures populaires ?
4. L’histoire collective des migrations
– Les histoires mémorielles et biographiques
– Les histoires des binationauxLes mémoires des migrations, les histoires diasporiques peuvent être vectrices d’un socle pour penser le commun et le présent, et composer, depuis les parcours et les patrimoines, un récit national vivant et contemporain.
5. La construction des récits
– Documenter le présent, archives vivantes ;
– Mettre en fiction le réel.
Les sociétés civiles sont mobilisées sur les enjeux globaux et initiatrices de nouveaux dialogues entre les individus, les systèmes étatiques et les régimes de pouvoir.