« Faufilés », exposition rencontres, les 13 et 14 octobre 2021

En 1910 Clermont-Ferrand accueille comme de nombreuses autres villes en France une exposition coloniale « Le village Noir » au cours de laquelle des « zoos humains » sont mis en place. Des hommes, femmes, enfants ont été exposés afin de présenter aux yeux du grand public français les richesses et la puissance de l’empire colonial français. « Faufilés », ce projet artistique multidisciplinaire, vise à mener des réflexions, des créations et des productions autour du concept « d’objets » et de « zoos humains » et des questions posées dans le cadre des débats sur la restitution et la décolonisation des musées. L’évènement réunira des intervenant.es issus d’horizons géographiques et artistiques variés, et issus du monde de l’art contemporain, que ce soit dans les domaines des arts plastiques ou de l’univers du spectacle vivant.

L’exposition « Faufilés » marquera la conclusion du programme de recherche Figures de transition (Surexpositions) menés par les chercheur.es de l’ÉSACM, qui traitait de la question de l’intérêt renouvelé pour l’art contemporain d’Afrique.

Mercredi 13 octobre => exposition, Jardin Lecoq

Jeudi 14 octobre => rencontres, ÉSACM

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Mercredi 13 octobre 2021 = > Jardin Lecoq

• 10h Accueil du public

• 11h30 Session de performances

• 15h Session de performances

• 17h30 vernissage

• 18h Session de performances

Artistes et intervenant·es : Edwige Aplogan, Blaise Bang, Hélène Bardot, Bienvenue Bazié, Axel Brauch, Koko Confiteor, Jacques Duault, Enrico Floriddia, Hermas Gbaguidi, Jocelyn Wagninlba Kone, Papa Kouyaté, Marie-Pierre Loncan, Gesine Mahr, Jacques Malgorn, Laure Manéja, Ildévert Méda, Jenny Mezile, Lazare Minoungou, Thierry Oueda, Désiré Sankara, Anne Sarda, Wilfried Souly, Moïse Touré, Marielle Vichard, Charles Wattara, Eric Zongo, et les étudiant·es de l’ÉSACM.

Jeudi 14 octobre 2021 = > ÉSACM

• 10h Accueil du public

• 11h30 Intervention de Moïse Touré, metteur en scène, compagnie Les Inachevés, Grenoble

• 14h Intervention de Anna Seiderer, historienne de l’art, Université Paris 8

• 16h Discussion de clôture

Intervenant·es : Anna Seiderer, Moïse Touré, les étudiant·es de l’ÉSACM, et les artistes de l’exposition au Jardin Lecoq. Complété par des œuvres de Nico Joana Weber, et de la collection du musée Bargoin

« Faufilés », une exposition–rencontre au Jardin Lecoq et à l’ÉSACM, du mercredi 13 octobre au jeudi 14 octobre 2021. 

SAVE THE DATE !

À la rentrée, l’ÉSACM proposera « Faufilés », une exposition–rencontre au Jardin Lecoq et à l’ÉSACM, du mercredi 13 octobre au jeudi 14 octobre 2021.

En 1910 Clermont-Ferrand accueille comme de nombreuses autres villes en France une exposition coloniale « Le village Noir » au cours de laquelle des « zoos humains » sont mis en place. Des hommes, femmes, enfants ont été exposés afin de présenter aux yeux du grand public français les richesses et la puissance de l’empire colonial français.

« Faufilés », ce projet artistique multidisciplinaire, vise à mener des réflexions, des créations et des productions autour du concept « d’objets » et de « zoos humains » et des questions posées dans le cadre des débats sur la restitution et la décolonisation des musées. L’évènement réunira des intervenant.es issus d’horizons géographiques et artistiques variés, et issus du monde de l’art contemporain, que ce soit dans les domaines des arts plastiques ou de l’univers du spectacle vivant.
L’exposition « Faufilés » marquera la conclusion du programme de recherche Figures de transition (Surexpositions) menés par les chercheur.es de l’ÉSACM, qui traitait de la question de l’intêret renouvellé pour l’art contemporain d’Afrique

Programme bientôt disponible !

Photo : Archives départementales du Puy-de-Dôme © Photohèque63 – Tous droits réservés

Une journée portes ouvertes en ligne de la Coopérative de recherche le mercredi 23 juin

Le mercredi 23 juin, 3 permanences en ligne seront proposées par les chercheur.e.s de la Coopérative de recherche de l’ÉSACM. Pendant chaque permanence, un temps de présentation de la Coopérative sera proposé, pour informer et échanger autour de son fonctionnement et de ses activités.

Il suffit de s’inscrire en remplissant le formulaire suivant :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfPnnTdrdp7L7BYpEEie0nx33RHp710WWiTqQPZ92RAS0efEA/viewform?usp=sf_link 

Plus d’infos sur la recherche sur notre site, ainsi que sur la plateforme dédiée à la Coopérative.

 

 

Portrait de diplômé·es / Justine Emard, par Manon Pretto

Justine Emard a obtenu un DNSEP à l’ÉSACM en 2010. Son travail explore les nouvelles relations qui s’instaurent entre nos existences et la technologie. Cet entretien a été mené par Manon Pretto, diplômée du DNSEP à l’ÉSACM en 2020.

Comment définirais-tu ta pratique ?

Ma pratique est en perpétuelle évolution. Je n’ai pas de médium prédéfini mais je crée des dispositifs qui me permettent d’explorer à la fois le monde d’aujourd’hui et les perspectives du futur.
Mon travail se situe à la croisée de la robotique, des neurosciences, de l’intelligence artificielle et de la vie organique. En associant ces domaines de recherche, je crée des liens entre notre humanité et la technologie. Je suis toujours inspirée par le présent, les avancées du monde, et je collabore avec des laboratoires scientifiques, au Japon, en France, ou au Canada.

Avais-tu envisagé la science et les technologies comme sujet de ton parcours professionnel avant d’entrer à l’école d’art ?

J’ai toujours voulu créer des images et des formes. J’étais à l’aise dans les domaines littéraires, tout en ayant un attrait pour les sciences et le vivant. J’ai découvert l’informatique et internet, qui étaient alors à l’aube d’une révolution dans notre appréhension du monde. Les scientifiques sont constamment en train de redéfinir ce qu’est le monde, en proposant des outils pour mesurer les choses et les comprendre. Et c’est aussi ce que fait l’artiste, qui met en place des protocoles, fait des expériences, pour en extraire la poésie latente et l’exposer.

Dirais-tu que ton travail tend à rendre accessibles les sujets scientifiques et parfois complexes dont tu t’empares ? Peut-on parler d’un travail de traduction ?

Un des rôles de l’artiste est, selon moi, de poser un regard singulier sur ce qui l’entoure, et d’en proposer une interprétation. J’aime rassembler des informations, des données, des témoignages, des expériences, et les mettre à l’épreuve du réel dans une forme différente. Cette notion de traduction traverse ma pratique, en abordant aussi la question du langage, la façon d’envisager l’autre et d’appréhender le monde. C’est un chemin vers l’autre et vers ce que l’on ne connaît pas. J’aime chercher le meilleur médium pour véhiculer ma pensée et inventer de nouveaux langages. 

Soul Shift, 2019, Mori Art Museum, Tokyo © Justine Emard, Adagp, 2021

Comment, en sortant d’une école d’art, as-tu réussi à approcher cet univers scientifique ?

 Tout part toujours simplement de mon intérêt pour un domaine de recherche, un ensemble de travaux, un sujet. Je peux aborder ces questionnements selon une démarche qui n’est pas scientifique mais plastique, ce qui me laisse une grande liberté.

Dernièrement, j’ai travaillé avec le Laboratoire des systèmes perceptifs de l’ENS à Paris, autour de la matérialisation des rêves. J’ai créé un protocole, entre neurosciences et sculpture, pour imprimer des rêves en 3D grâce à un bras robotique industriel. Il s’agissait de produire des formes en céramique à partir de signaux enregistrés au plus profond de notre inconscient, et de révéler une architecture mentale. Cette expérience propose de construire la forme à partir du réservoir émotionnel que sont les rêves.

Impressions 3D en atelier, 2020 © Justine Emard, Adagp, 2021

Tu es souvent en déplacement, en France ou à l’étranger, pour des expositions ou des résidences. Peux-tu nous parler de ces expériences et de la façon dont tu organises ton quotidien de travail ?

En réalité, mon quotidien c’est le mouvement. Je suis souvent en déplacement, et ces moments de transition sont pour moi un espace privilégié pour penser, loin de la routine. Il m’arrive d’être en résidence dans des pays étrangers, en étant inspirée par le dépaysement. Il m’arrive aussi de travailler dans mon atelier à Paris, ou encore de collaborer avec des musiciens, des compositeurs, des danseurs dans un espace scénique. La scène est un champ de possibles qui m’attire.

J’aime être un jour en tournage sur une île japonaise, et le lendemain travailler avec des artisans sur une pièce unique. Dominique Gonzalez-Foerster, plasticienne et réalisatrice française a dit : « L’éparpillement me resserre. » J’adhère à cette idée, se fondre dans le monde pour en concentrer l’essence. Ce dépaysement me plaît. Il active des systèmes de pensée et met les choses en mouvement.

Parmi mes expériences à l’étranger, je viens de terminer une résidence au ZKM, le Centre d’art et médias de Karlsruhe en Allemagne. J’ai créé une installation intitulée Supraorganism, animée par un système conçu pour observer puis prédire les comportements des essaims d’abeilles. Les équipes de ce centre d’art travaillent sur la recherche muséale en rapport avec l’intelligence artificielle, et il était précieux pour moi de pouvoir échanger avec eux et de mettre en commun nos pratiques.

Supraorganism, 2020, Résidence au ZKM, Karlsruhe et à la Maison de la Musique de Nanterre © Justine Emard, Adagp, 2021
Supraorganism, 2020, Résidence au ZKM, Karlsruhe et à la Maison de la Musique de Nanterre © Justine Emard, Adagp, 2021

Quel a été ton parcours à l’intérieur de l’école ?

Je m’intéressais déjà à l’image, à ses mécanismes d’apparition. J’étais captivée par la technologie de l’image et sa matérialité. Ce travail était en quelques sortes l’archéologie de mon travail actuel. Je me rappelle avoir été initiée à la 3D par Virginie Sebbagh, intervenante à l’ÉSACM, qui modélisait des décors pour les tout premiers jeux vidéos en 3D sur ordinateur. Travailler avec elle a été une expérience féconde qui m’a aidée à renouveler mon regard. Je trouve qu’il y a une belle continuité entre ma pratique à l’école et ma pratique artistique actuelle.

Comment s’est passée la transition avec le monde professionnel après le diplôme ?

La transition s’est faite naturellement parce que je participais déjà à des résidences, des expositions, ou des scénographies pour le spectacle vivant. J’ai été sollicitée tout de suite pour une résidence expérimentale dans un laboratoire de réalité virtuelle à Clermont-Ferrand, et c’est à ce moment-là que j’ai découvert l’étendue des moyens de simulation de la réalité. J’ai eu l’envie d’apprendre à coder, à m’emparer de ces outils, tout en gardant une distance critique vis-à-vis de leurs usages. Cette immersion dans l’univers de l’informatique m’a permis de créer ma première pièce en réalité augmentée : Screencatcher, en 2011, avec l’aide du CNC (Centre national de la cinématographie), alors que cette technique n’était pas du tout utilisée dans l’art à cette époque. En écho à l’idée des « dreamcatchers » (les attrapeurs de rêves), Screencatcher révèle des images à la surface de dessins d’écrans abandonnés.

Screencatcher, 2011, Exposition au Musée d’Art Roger Quilliot (2017) © Justine Emard, Adagp, 2021

Après mon diplôme, j’ai fait de chaque expérience un rebondissement. J’ai obtenu un master en conduite de projets culturels, où j’ai appris à manipuler des budgets prévisionnels, monter des projets, négocier des partenariats afin d’acquérir une grande autonomie dans ma pratique et sa production. 

Pendant plusieurs années après l’école, il s’agit d’apprendre à être artiste. Explorer et se développer au contact de l’inconnu. Mes créations scénographiques pour le spectacle vivant m’ont amenée à la performance. La réalisation et le montage de films pour d’autres artistes et institutions (Hiroshi Sugimoto, Ange Leccia, Susanna Fritscher, Le Palais de Tokyo…) m’ont apporté des connaissances et une technicité supplémentaires dans la création de mes œuvres. 

Puis j’ai été invitée pour mes premières expositions personnelles en Norvège, en Suède, en Corée, en Colombie, au Japon, jusqu’à la Nouvelle-Zélande et le Canada.

J’ai été sélectionnée pour la Biennale de Moscou (2017). Mes œuvres ont été exposées à la Cinémathèque Québécoise à Montréal (2019), lors d’expositions collectives au Mori Art Museum ainsi qu’au MOT Museum of Contemporary Art à Tokyo (2019 et 2020) et au Frac Franche-Comté à Besançon (2020).

En 2017, j’ai été sélectionnée pour la résidence Hors les murs de l’Institut Français et la résidence internationale Tokyo Wonder Site, qui m’ont permis de vivre à Tokyo pendant plusieurs mois. Ce long temps de travail m’a procuré une stabilité précieuse dans mes relations avec mes collaborateurs au Japon. Les œuvres Reborn, Co(AI)xistence, Soul Shift et Symbiotic Rituals ont émergé de ces temps d’expérimentation et de création avec le monde de la robotique, entre 2017 et 2019.

Quelles sont tes actualités ?

Je travaille en ce moment sur un projet de commande publique pour le CNAP, Image 3.0, autour des images du futur. Un projet passionnant, pour lequel je m’intéresse aux mécanismes du neurofeedback.

J’ai plusieurs performances prévues en février 2021, avec la pièce Supraorganism et l’ensemble musical TM+, à la Maison de la musique de Nanterre, puis à la Scène musicale, à Paris.

Je participe prochainement à une exposition produite par le Barbican Center de Londres, AI—More than Human et qui sera en janvier au World Museum, à Liverpool. Il s’agit d’une exposition de grande envergure, qui explore les développements créatifs et scientifiques autour de l’intelligence artificielle, en montrant son potentiel à révolutionner nos vies. De la machine à calculer de Blaise Pascal jusqu’aux derniers développements de l’intelligence artificielle.

Co(AI)xistence, 2017, Vue d’exposition “AI more than Human” au Groningen Forum
. © Stella Dekker

www.justineemard.com

instagram :  justineemard

Crédit photo portrait de Justine Emard ©  Jean-François Robert pour Télérama

Une exposition des costumes réalisés par les étudiant.e.s à l’espace Victoire

Retrouvez les costumes de la parade inaugurale du Festival International des Textiles Extraordinaires (FITE) à l’espace Victoire jusqu’au 27 septembre. Ils ont été réalisés par les étudiant.e.s de l’ÉSACM pendant une semaine de workshop accompagnés par les artistes Eddy Ekete et Shivay la Multiple. Mardi 22 septembre 2020, ils.elles ont paradé en costumes dans les rues de Clermont-Ferrand, pour l’inauguration du FITE.

Exposition ouverte tous les jours sauf le lundi matin, de 10h à 13h et de 14h à 18h. Espace Victoire, place de la Victoire, à Clermont-Ferrand. Entrée libre.

L’exposition des diplômé.e.s 2020 est à découvrir du 1er au 16 octobre

:cerise: :cerise: :cloche:

Exposition des diplômé.e.s 2020, à découvrir du 1er au 16 octobre, dans le Grand atelier de l’ÉSACM. Vernissage le 6 octobre.
Une exposition à découvrir du lundi au vendredi, de 10h à 19h, à l’ÉSACM.

Avec :
ANTUNES Théo / ARNAUD Élise / BASIRI Niloufar / BEAUCOURT Antoine / BISSON Léa / CHOPY Jeanne / COMBRET Hortense / FERREIRA Stefan / FONTANIÉ Lola /LIÈVRE Jade / PAILLASSOU Maxime / PALLUY Clémentine / PRETTO Manon / SERIN-TUIKALEPA To’a /STORUP Frédéric / TORNAMBE Robin / VARIN Hippolyte / VILLATTE Élisa / YAHFOUFI Malak.

Le masque est obligatoire dans l’enceinte de l’établissement, et du gel hydroalcoolique sera mis à votre disposition.

Portrait de diplômé·es / Florent Poussineau

Florent Poussineau obtient un DNSEP à l’ÉSACM en 2015. Fils de pâtissier, il poursuit ensuite son cursus par une formation Design & Culinaire à l’ESAD de Reims. Aujourd’hui, il est artiste et propose, à travers diverses expositions collectives et personnelles en France et à l’étranger, un travail à la croisée de la performance, la vidéo et l’installation, traversé par des explorations culinaires et un attachement aux métiers de bouche.

Exposition « Esthétique éphémère » à la galerie Premier Regard.

Quels sont vos projets actuels ?

En raison de l’épidémie de COVID-19, mes projets sont quelque peu chamboulés. Ce qui devait être présenté au printemps est déplacé à l’automne ou reporté à l’année prochaine. Ma prochaine exposition personnelle, «Transmission», sera présentée en septembre à la Maison des arts d’Aime, en Savoie. Suivra, de novembre à janvier, une exposition personnelle, « Sensibilité idéale », à l’École municipale des Beaux-Arts de Châteauroux. Puis une résidence au Palais des paris à Tokyo est programmée en début d’année prochaine, ainsi qu’une résidence-mission, organisée par le Centre d’art le Lait, dans le centre pénitencier d’Albi.

Quelles étapes ont le plus compté dans votre parcours ?

Tout a compté. Toutes les étapes méritent de compter, les erreurs comme les réussites, mais avant tout ce sont les rencontres qui m’ont le plus marqué. Une première exposition personnelle dans une galerie est une expérience mémorable, en particulier dans le cas où elle est accueillie à la galerie Tator, à Lyon, où Marie Bassano, Laurent Lucas et Félix Lachaize proposent une programmation d’artistes émergents. J’ai aussi vécu une première exposition personnelle dans une galerie parisienne, grâce à l’accueil de Laurence Fontaine et Laurence Poirel à la galerie Premier Regard. Cette exposition m’a permis de travailler ensuite avec Catherine Baÿ à The Window. Les voyages à l’étranger apportent aussi leur lot d’apprentissage concret du monde artistique. J’ai réalisé une résidence dans le sud du Japon, une autre à Beyrouth, une exposition personnelle dans une galerie new-yorkaise et également une résidence en Hollande. Organisée en collaboration avec Tair-Pair et SIGN à Groningen, cette résidence m’a permis de rencontrer Klaas Koetje (artiste plasticien et dirigeant de SIGN), qui est pour moi un fidèle allié et maître artistique.

Exposition « Générosité égoïste » à la galerie Tator

À quoi ressemble votre quotidien de travail ?

C’est un quotidien changeant qui n’a rien de routinier. Mon travail se divise en plusieurs étapes avec des intensités différentes. Un temps de recherche et d’élaboration de dossiers afin de candidater à différents appels à projets, et un temps de réflexion et création à l’atelier. En ce moment, je suis résident à la Fileuse, une friche artistique à Reims, et ces résidences sont le moment où les pièces pérennes sont mises en forme avant d’être déplacées dans les futures expositions, ou livrées à des collectionneurs. Pour le reste du temps, soit environ la moitié de l’année, je suis en déplacement, dans le cadre de résidences artistiques à l’étranger ou en France, ou pour monter mes expositions. La durée du séjour est souvent plus longue qu’un simple montage car je fais beaucoup de médiation artistique autour de mon travail. Ayant bénéficié d’une formation « culture et santé » organisée par la Direction régionale des affaires cultruelles (DRAC) et l’Agence régionale de santé (ARS), je propose des ateliers à des publics enfants, adolescents et leurs parents, mais également à des résidents d’EPHAD et des personnes en situation de handicap physique et/ou mental.

Cette formation « culture et santé » a-t-elle influencé votre travail ? 

Suite à une résidence-mission, la DRAC et l’ARS ont invité différents acteurs de la médiation artistique à réfléchir ensemble aux questions de l’environnement et de la transmission liées à la santé. Ce n’est pas de l’art-thérapie. Il s’agit simplement d’associer un artiste à une équipe soignante, pour faciliter l’expression et la compréhension artistique. Ces propositions s’adressent à ce que l’on appelle « les publics empêchés » pour lesquels l’accès aux lieux de diffusion de l’art est difficile, voire impossible, pour des raisons physiques, financières ou symboliques.

Ces expériences ont surtout marqué le rapport que j’entretiens à mon travail en me contraignant à en parler différemment, car ce public n’a pas de repères face à l’art contemporain, l’abstraction, la performance, etc. C’est une situation souvent complexe mais ces échanges sont enrichissants pour tous, car ils remettent en question le beau, l’utilité de l’art, la philosophie, l’architecture d’une peinture, etc.

Comment avez-vous commencé à vous intéresser aux enjeux de la médiation ?

Simplement par étapes, d’intervention en intervention, dès le début de mes études en classe prépa où l’on m’a demandé d’intervenir auprès de centres aérés pour réaliser des fresques collectives dans la ville de Châteauroux.

Toutes les galeries et centres d’art ne se trouvent pas dans des grandes villes, et leur but dans ce cas est de rendre accessible la recherche artistique à un plus large public. En zone rurale, il est très facile d’être soutenu et engagé pour ce type d’actions. Dans les grandes villes, les préoccupations vont être de démocratiser l’art, à des endroits où il est parfois resté élitiste.

Comment s’est passée pour vous la transition entre le diplôme et la vie professionnelle ?

Plutôt simple à dire, moins à réaliser. Il faut utiliser l’environnement offert par une école pour un début de carrière artistique. L’école est d’abord un lieu d’apprentissage, mais les personnes qui la composent font partie d’un réseau qui permet de provoquer des opportunités et des rencontres. Pendant les études, il faut se rendre aux vernissages, aller voir des expositions, visiter des ateliers. Il faut pleinement tirer parti des opportunités offertes à un.e jeune étudiant.e. Suite au DNSEP à l’ÉSACM, j’ai consacré une année à travailler sur un dossier de candidature pour le post-diplôme Design & Culinaire à l’ESAD de Reims. Parallèlement je partageais l’atelier de Corentin Massaux aux Ateliers du Brézet et je montrais le résultat de ce travail à La Cabine (espace de monstration et atelier à Clermont-Ferrand, fermé depuis). À la fin du post-diplôme, j’ai intégré la pépinière de l’ESAD de Reims et j’ai quitté mon emploi alimentaire pour prendre le risque de vivre du métier pour lequel j’ai fait six années d’études.

En quoi votre activité fait écho ou non à votre parcours et à vos choix lorsque vous étiez étudiant à l’ÉSACM ?

Mon activité professionnelle est intimement liée à cette école. J’espère que c’est toujours le cas. Lorsque j’étais étudiant à l’ÉSACM, il était possible pour des personnes qui n’avaient pas le baccalauréat de pouvoir intégrer le cursus. Ayant arrêté mes études à 15 ans, les Beaux-Arts ont été une véritable opportunité. Grâce à une dérogation accordée par Muriel Lepage, la directrice en 2010, j’ai pu présenter le concours et faire des études supérieures.

C’est durant la troisièmes année aux Beaux-Arts que mes premières recherches artistiques liées au domaine culinaire se sont développées, pendant un cours de volume dispensé par Roland Cognet et Stéphane Tidet. Puis le budget qui nous était alloué  pour le DNAP (aujourd’hui le DNA, Diplôme national d’art, Ndlr) m’a permis de créer dans l’atelier volume deux colonnes d’éclairs au chocolat, avec 500 éclairs pour la première et 1000 pour la seconde.

 

Quel est le rôle d’un artiste pour vous ?

Un artiste plasticien met en forme, plastiquement, une recherche philosophique, poétique ou une pensée. À la manière d’un chercheur ou d’un scientifique, il doit avoir une bonne connaissance des travaux réalisés précédemment par ses pairs, pour tenter de faire évoluer l’art, de le transmettre au plus grand nombre. Le métier d’artiste plasticien est complexe et demande beaucoup d’énergie, mais désormais je ne peux et ne veux plus rien faire d’autre.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Les envies sont variées. Ma préoccupation première est de continuer à produire une recherche artistique intéressante, continuer à rencontrer des personnes passionnantes et d’en apprendre plus sur les interactions sociales à travers le monde. En ce qui concerne les projets qui arriveront dans les prochaines années, il y a l’envie grandissante de devenir professeur en école d’art, et une série d’ouvrages en cours de rédaction. Ce ne sont pas les idées qui manquent et certaines envies qui deviennent concrètes procurent beaucoup d’émotions.

Instagram : https://www.instagram.com/florent_poussineau/?hl=fr

Facebook : https://www.facebook.com/florent.pousspouss

Portrait de diplômé·es / Golnaz Payani

Golnâz Payani est née à Téhéran en 1986. Après une Licence en peinture obtenue à la Faculté d’art et d’architecture de Téhéran, elle entre à l’ÉSACM où elle obtient le DNSEP en 2013. Elle participe à des expositions personnelles ou collectives depuis 2011, en France (Paris, Clermont-Ferrand, Thiers, Toulouse, Châteauroux, Annemasse, Chanonat, Grenoble) et à l’étranger (Téhéran, Londres, New York, Turin).

Installée en France depuis 2009, elle développe une pratique ouverte où des médiums variés sont sollicités : film, vidéo, travaux sur tissus, installation, céramique, poésie.

Vue de l’exposition L’ombre des oasis, de Golnaz Payani à la galerie Praz-Delavallade Paris, du 14 novembre 2019 au 11 janvier 2020.

Quels sont vos projets ?

Ma première exposition personnelle à la galerie Praz-Delavallade à Paris s’est terminée début janvier. Cette galerie me représente depuis 2019. Je participe à une exposition collective en ce moment à la Manufacture, le musée de la broderie à Roubaix. Les autres projets sont suspendus à cause de la situation sanitaire actuelle.

Que vous a apporté cette première exposition personnelle ?

C’était une superbe expérience à plusieurs points de vue. J’ai bénéficié d’un vrai soutien de la part de presse, avec des articles dans Le Quotidien de l’art, Artforum, La République de l’art etc. J’aurais aimé faire plus de rencontres et avoir l’occasion d’échanger davantage avec les visiteurs, mais malheureusement cela n’a pas été possible à cause de la grève des transports qui a eu lieu pendant mon exposition.

Comment avez-vous été approchée par la galerie Praz-Delavallade ? À quelle occasion ces professionnels ont-ils découvert votre travail ?

En 2016, j’ai été sélectionnée pour participer au Salon de Montrouge, au Beffroi. Une exposition annuelle collective qui présente de jeunes artistes. C’est une exposition très importante, car elle est visitée par des professionnels du milieu de l’art contemporain, des galeristes et des collectionneurs. J’ai rencontré René-Julien Praz et Bruno Delavallade pour la première fois lors du vernissage de cette exposition. Nous avons échangé quelques mots et nos coordonnées.
Suite à cette rencontre, ils sont venus visiter mon atelier, et ils ont apprécié mon travail. Nous avons gardé contact et pendant deux ans ils m’ont régulièrement invitée aux vernissages des expositions organisées dans leur galerie. De mon côté je les invitais également à mes expositions. Puis en 2018 ils m’ont proposé de participer à une exposition collective dans leur galerie. Depuis nous travaillons ensemble.


Pouvez-vous nous parler de la relation entre un artiste et sa galerie ?

Comme dans beaucoup d’autres activités artistiques, ces types de coopération ne sont pas basées sur des lois écrites. Donc la relation d’un artiste avec sa galerie dépend avant tout des personnes. J’ai participé à quatre expositions avec cette galerie : deux collectives à Paris, une à Los Angeles, et une exposition personnelle à Paris. À chaque fois nous nous sommes très bien entendus, avec René-Julien Praz, Bruno Delavallade, et toute l’équipe de la galerie. Nous avons une belle relation professionnelle, amicale et courtoise.

Golnaz Payani à la galerie Praz-Delavallde en novembre 2019, en train de préparer l’exposition.
Oasis, 40 x 30 x 5 cm, papier, 2015.

À quoi ressemble votre quotidien de travail ?

Mon quotidien de travail ressemble exactement au confinement. Ce n’est sans doute pas le cas de tout le monde, mais pour moi c’est un métier solitaire. Parfois je ne vois personnes pendant plusieurs jours.
Je vais presque tous les jours à l’atelier, qui est en face de mon appartement, et j’y passe 7 à 8 heures par jour. À l’atelier, je travaille parfois à la mise en forme d’une idée, à des projets personnels pour lesquels je n’ai pas de date de présentation, mais qui font partie de mes recherches. Il y a donc souvent une part d’expérimentation dans ces projets. Parfois, je travaille sur un projet précis et concret, comme pour préparer une exposition. Mais il arrive aussi que pendant plusieurs jours je ne fasse qu’écrire des projets, des lettres de motivation et des dossiers de candidature.

L’atelier actuel de Golnaz Payani à Torcy

Pouvez-vous nous parler de l’après-école ? 

La transition pour moi s’est très bien passée.  J’ai eu la chance d’être soutenue par quatre organismes qui proposaient des appels à participation pour des expositions collectives réservées aux diplômés. Ces expositions ont été organisées à l’ÉSACM (Les  XV de France, Clermont-Ferrand, 2013), au BBB (Première, Toulouse, 2014), au Creux de L’enfer (Les enfants du Sabbat n°15, Thiers, 2014) et à Chanonat (Tropisme(S) #5, 2014).

Ces expositions m’ont permis de rencontrer des gens et de développer mon réseau professionnel. Mais ce qui m’a le plus accompagné dans cette progression, c’est ma motivation. Car il y a eu aussi des périodes creuses. Mais cela ne m’a pas empêché de continuer mon travail et de postuler à des projets d’expositions. C’est ce qui m’a permis de garder le moteur toujours allumé !
Bien entendu, même la meilleure volonté du monde ne suffit pas à payer les loyers parisiens ! J’ai aussi eu des jobs alimentaires.

Quels sont les liens entre votre pratique actuelle et votre parcours d’étudiante à l’école ?

Mon parcours est très cohérent avec la pratique que je développais à l’école. Je travaille sur les mêmes thématiques, je suis la même personne, avec la même volonté, les mêmes centres d’intérêts, les mêmes interrogations, mais avec sept ans d’expériences supplémentaires.

À mon avis, faire une école d’art est très important, voir primordial lorsque l’on a réellement la volonté d’exercer le métier d’artiste. Il y a beaucoup de débats à ce sujet, pour certains l’art ne s’apprend pas ! Mais selon moi, dans une école d’art nous apprenons surtout deux choses : à se situer dans l’histoire de l’art, et à se connaître, c’est-à-dire à comprendre de quoi nous avons besoin dans notre atelier, ce que nous pouvons faire lorsque nous n’avons plus d’idée, comment gérer le stress face aux présentations, etc. L’école est un plus, qui nous maintient sur les rails en même temps qu’elle accélère notre carrière.

Paysage avec du violet, vidéo, 15’27”, 2018. ( Conteur : Michel Cegarra. Musique : Nicolas Laferrerie)

Qu’est-ce qu’être artiste ?

Être artiste pour moi est un mode de vie. Celui qui me permet de rester curieuse. C’est comme un livre ouvert qui ne se ferme jamais. Mais cette ouverture à l’infini, si elle n’est pas pleinement consciente, peut devenir douloureuse. Pour la majorité des métiers, les gens candidatent pour un poste. Ils écrivent une lettre de motivation et un curriculum, et au bout de plusieurs essais, ils décrochent un travail. Le métier d’artiste ne permet pas de s’arrêter au bout de quelques essais. Le rapport au travail ne tend pas vers l’obtention d’un emploi, vers la stabilité. Il se renouvelle en permanence. C’est comme préparer une grande fête. C’est génial, excitant, enthousiasmant, mais il faut beaucoup d’énergie, de courage et d’ambition, avec le risque d’organiser beaucoup de fêtes ratées avant d’en réussir vraiment une.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Travailler à l’atelier, répondre à des appels à projets, agrandir mon réseau, changer l’échelle de mon travail, trouver une résidence aux Etat-Unis, lire les livres de Didi-Huberman, connaitre mieux Derrida et son idée de la « déconstruction » … continuer à être curieuse!

Golnazpayani.com

Le cercle et la forêt, 90 x 64 cm, Tissu et bois, 2019

ALUMNI / Exposition Éclats #1 Constellation provisoire – Creux de l’Enfer (Thiers)

Du 21 février au 26 avril 2020
Vernissage jeudi 20 février à 19h

L’exposition collective Éclats propose de mettre en valeur le travail de jeunes diplômé.e.s des écoles supérieures d’art de Bourges, Clermont-Ferrand, et Lyon. Plusieurs temps de travail leur ont donné l’occasion de travailler à des pièces, produites spécifiquement pour l’exposition. Une proposition qui s’inscrit dans le prolongement de l’expérience des Enfants du Sabbat. Cette exposition présente des œuvres individuelles ou réalisées en collaboration, qui se déploient sur deux sites : le Creux de l’enfer et l’Usine du May.

Artistes : Emma Baffet* · Chlöé Bedet* · Romain Blanck . Camille Bouaud · Clément Dupont* · Joëlle Forestier . Lény Labeaume* · Amy Matthews · Etienne Mauroy .Stanca Soare · Amélie Sounalet* · Victor Villafagne

* diplômé.e.s de l’ÉSACM

 SPRITZ, une exposition par des étudiant.e.s de la F+F et de l’ÉSACM pour les Porny Days

SPRITZ est une exposition proposée par des étudiant.e.s de l’École Supérieure d’Art de Clermont Métropole (ÉSACM) et de la F+F Schule für Kunst und Design, pour les Porny Days, du 29 novembre au 2 décembre 2019, à l’Hôtel 25hours à Zurich (Suisse). Vernissage le 29 novembre 2019, à 19 heures.

Co-fondé par l’artiste suisse Talaya Schmid, les Porny Days sont un festival annuel d’art et de cinéma, qui célèbre la diversité sexuelle et de genre, et ouvre la discussion autour de sujets universels et pourtant tabous. Des sujets dont s’emparent les étudiants des écoles d’art, pour en proposer une lecture personnelle et sensible.

Fruit d’une étroite coopération entre l’école d’art F+F de Zurich et l’École Supérieure d’Art de Clermont Métropole, les travaux de 11 étudiants seront exposés pendant les Porny Days, en adéquation avec l’esprit expérimental du festival. Aussi séduisante que critique, cette exposition vise à provoquer une expérience à partir d’objets, de gestes, de fictions, qui activent notre puissance de désir.

Le projet d’exposition a été initié par Talaya Schmid, suite à sa visite à l’ÉSACM de Clermont-Ferrand. Elle avait été invitée par le groupe d’étude « Porniconologie », sous la direction de Régine Cirotteau, artiste-performeuse, J. Emil Sennewald, critique, enseignant en philosophie, Serge Lhermitte, photographe, et Christophe Fiat, écrivain. Depuis 2018, le groupe questionne les sujets post-porn, que développe entre autres la géographe Rachele Borghi. Cela touche par exemple des sujets comme les industries culturelles (qui atteignent les champs de l’art) et le travail du sexe, la nature subversive des images, le numérique comme mode de diffusion…

SPRITZ invite le public des Porny Days à expérimenter les manifestations du désir à travers des performances, installations, interventions, projections, etc. Empruntant son titre à une célèbre boisson bien connue des Suisses et des touristes français à la Biennale de Venise, l’exposition propose, au croisement de plusieurs langues, une rencontre expérimentale entre textes, images et gestes.

Étudiant.e.s participants : Bastien de Barros, Charlotte Durand, Kira van Eijsden, Stefan Ferreira, Deliah Keller, Eden Lebegue, David Lennon, Marie Muzerelle, Clémentine Palluy, Justine Perolari, Danaë Seigneur, Seraina Stefania, Elisa Villatte.

-> Découvrez le livret de l’exposition : French version / English version / German version

INFOS PRATIQUES

Exposition SPRITZ

Du 29 novembre au 2 décembre 2019

Hôtel 25hours

Langstrasse 150

8004 Zurich (Suisse)

Vernissage le 29 novembre 2019, à 19 heures.