« Léviathan » présenté à la Maison de l’architecture de Paris

Sur l’invitation du groupe Learning from Detroit, Cédric Loire (co-coordinateur de la recherche à l’ESACM) et Sarah Ritter (artiste, chercheuse associée à l’ESACM) seront à la Maison de l’architecture de Paris, le 4 juin, pour présenter le projet de recherche « Léviathan » et échanger avec d’autres chercheurs, des architectes et des fermiers urbains de Detroit.

DETROIT | HOSPITALITÉS EN RÉSISTANCE

 

Surexpositions, journées de rencontre

Les 9,10 et 11 mai 2018, Surexpositions réunira artistes, historien·ne·s, critiques, anthropologues, commissaires, conteurs, acteur·trice·s et scénographes, pour identifier les enjeux portés par l’intérêt renouvelé pour les productions artistiques d’Afrique et de ses diasporas.

Entre la deuxième édition de la foire AKAA (Also Known As Africa) à Paris, la prochaine Biennale de Dakar, les engagements de la Fondation Zinsou au Bénin ou la création en 2017 du musée d’art contemporain Zeitz MOCAA, au Cap, en Afrique du sud, une nouvelle promesse pour l’art contemporain émerge.

Dans le cadre de son projet de recherche Surexpositions, l’Ecole Supérieure d’Art de Clermont Métropole met en place trois journées de rencontre publiques, avec conférences, expositions, performances, spectacles, et projections.

=> Consulter le programme 

Projection du film « The Forgotten Space » d’Allan Sekula

The Forgotten Space, d’Allan Sekula & Noël Burch (2010; 113 minutes, VOSTF)

Coopérative de recherche

Une proposition du groupe de recherche Léviathan

« Gouverner la mer, c’est ruiner le monde »

On oublie la mer jusqu’à ce qu’une catastrophe s’y produise. Mais le plus grand désastre maritime est probablement la chaîne d’approvisionnement mondial, qui — plus fondamentalement peut-être que la spéculation financière — mène l’économie mondiale à l’abîme. L’extraordinaire film d’Allan Sekula et Noël Burch suit le trajet des conteneurs chargés à bord des navires, des barges, des trains et des camions, à l’écoute des ouvriers, des ingénieurs, des gestionnaires, des politiciens, ainsi que ceux que le système globalisé du transport marginalise — depuis les fermiers et villageois déplacés aux Pays-Bas et en Belgique, les marins à bord de navires géants faisant la navette entre l’Asie et l’Europe, les ouvriers chinois, dont les bas salaires sont la clé fragile de ce vaste puzzle…

(Adam Pugh, Independant Cinema Office)

Allan Sekula est né en 1951 à Erie, en Pennsylvanie. Il a vécu à Los Angeles et y est mort en 2013. Artiste, théoricien et enseignant, il a, depuis les années 1970, questionné les conditions politiques, économiques et sociales du capitalisme en associant la photographie, le texte et le film.

Projection du film « Léviathan » d’Andreï Zviaguintsev

Léviathan, d’Andreï Zviaguintsev 

(Russie, 2014, 135 minutes, VOSTF)

Une proposition du groupe de recherche Léviathan (titre provisoire)

Coopérative de recherche

Pour Leviathan, Zviaguintsev a puisé sa matière narrative dans le Livre de Job dans l’Ancien Testament, augmenté d’un riche apport documentaire et fictionnel. C’est encore, ainsi que l’a rapporté le réalisateur, une conversation avec une amie philosophe qui l’a amené à adjoindre rétrospectivement le Leviathan de Hobbes. C’est ce dense apport – documentaire, littéraire, biblique, philosophique – qui a fourni un cadre au scénario de Leviathan, plaçant le film à un autre niveau, comme l’a retranscrit Zviaguintsev, lui conférant une dimension mythique puisée dans la fable de Job, mythe de misère extrême, et réservoir de potentialités narratives. Le titre choisi désigne tout autant la bête du Livre de Job qui fait partie de la Création, figurée par un monstre marin, que la bête sociale et politique chez Hobbes qui intéresse ici principalement Zviaguintsev :

« Tireras-tu Léviathan avec un hameçon, et lui serreras-tu la langue avec une corde ?

Lui passeras-tu un jonc dans les narines, et lui perceras-tu la mâchoire avec un anneau ?

T’adressera-t-il d’ardentes prières, te dira-t-il de douces paroles ?

Fera-t-il une alliance avec toi, le prendras-tu toujours à ton service ?

Joueras-tu avec lui comme avec un passereau, l’attacheras-tu pour amuser tes filles ?

Les pêcheurs associés en font-ils le commerce, le partagent-ils entre les marchands ?

Cribleras-tu sa peau de dards, perceras-tu sa tête du harpon ?

Essaie de mettre la main sur lui : souviens-toi du combat, et tu n’y reviendras plus. »

(Job 40, 25-32)

Marie Gueden, « Le pire est-il toujours sûr ? », critikat.com, 23 septembre 2014

Pierre Frulloni obtient le Diplôme Supérieur de Recherche en Art

Pierre Frulloni a obtenu le premier Diplôme Supérieur de Recherche en Art (DSRA) de l’ESACM avec les félicitations du jury.  Celui-ci était composé de : l’écrivain et traducteur Brice Matthieussent et des artistes Guillaume Constantin et Laura Gozlan.

Photos : Pierre Frulloni

 

Pierre Frulloni vit à Toulouse. Il est diplômé d’un DNSEP à l’ESACM en 2014.

« Aujourd’hui l’histoire bascule vers le dernier rivage, océanique, vers la fin du monde, vers le Finistère » écrit Paul Virilio dans son livre Le littoral, la dernière frontière en 2013. En effet les frontières sont en voie d’obsolescence et même si l’on édifie des murs un peu partout, ce n’est qu’en réaction à ce mouvement de fond qui affecte notre monde et fait du littoral, et plus précisément de ce qu’on appelle le trait de côte, la dernière limite, celle qui sépare la matérialité du territoire de la dynamique du flux.
C’est dans cette marge instable que je tente d’installer mon travail de recherche. À pied, en voiture, en bateau, je suis parti à la rencontre de ceux qui y vivent, la construisent, la traversent, observant leurs manières de faire et leurs inventions. Sans parler d’analyse, je tente de nourrir mon travail par des actions et artefacts humains en considérant leur dimension temporelle autant que leurs aspects plastiques. C’est à cet endroit-là que naît ma recherche, dans la représentation des regards croisés aux miens, comme des clefs pour mieux comprendre ce qui se joue aujourd’hui dans le berceau méditerranéen de l’Europe, et par extension dans le monde.

J’ai réalisé plusieurs voyages, construisant déplacement après déplacement une méthode de travail. Avec des partenaires de recherche, j’ai suivi des apiculteurs, des bergers ainsi que des pêcheurs, en tentant de traverser la Méditerranée ; abordant avec eux la lisière des cités grecques, cet espace sensible entre la nature et la civilisation. Puis dans l’Anti-Atlas et le désert du Sahara, je suis parti étudier des décors de cinéma retraçant sur vingt hectares toute l’histoire de l’homme ; découvrant l’existence d’une écriture disparue depuis mille ans, ce qui a motivé le récit de ma rencontre avec les Amazight.
Des voyages de recherche rendus possibles par une première étude, celle de l’enroulement de l’horizon à travers un maelström, au-delà du cercle polaire en Norvège. Une puissance naturelle qui depuis des milliers d’années mâche et remâche les corps-morts, les sédiments du monde, leur faisant perdre toute idée d’origine, de temporalité et d’appartenance, ne laissant exister que la richesse de leurs rencontres, de leurs dialogues.
C’est à cet endroit que s’est construite ma méthode de travail. J’envisage ma pensée comme un tissage, un filet qui a la capacité d’être porté par le flux et d’être ainsi tenté de le suivre. Un tissage qui retient dans ses mailles des fragments du territoire semblables à ceux du maelström. Peu importe l’échelle du filet, il laisse passer énormément de choses, me laissant envisager la perte comme la manifestation d’un mouvement, car dans ce grand tourbillon elles repasseront toujours. Mes intentions deviennent clairement poétiques, évitant l’approche documentaire ou une narration linéaire pour privilégier un mode de lecture analogique.

C’est ainsi que je construis, montage après montage, des formes qui tendent à ralentir le flux par des expériences de pensée parfois purement intuitives. Ce que l’on développe lorsque quelque chose vient perturber l’équilibre de notre quotidien. Des outils qui viendraient résister au temps, nous permettant un regard, une action, dans ce présent en ruine où rien n’est encore
vestige ou décombres.
Penser par la forme, errer dans ses temporalités et ses recoins pour comprendre et entrevoir plis après plis une odyssée où les corps, les mots, les matérialités s’agencent dans un paysage politique actuel, un nouvel imaginaire commun.

Léviathan (titre provisoire) : présentation & projection de « The Lottery Of The Sea »

Le groupe de recherche « Léviathan (titre provisoire) » vous invite à une première présentation des recherches en cours :
mercredi 10 janvier, à partir de 18h30,
à Les Ateliers , 228 avenue Jean Mermoz, Clermont-Ferrand

Ainsi qu’à la projection du film :
« The Lottery Of The Sea », d’Allan Sekula,
présentation par Pascal Beausse,
jeudi 11 janvier, à 18h00,
dans l’amphi de l’ESACM

Allan Sekula est né en 1951 à Erie, en Pennsylvanie. Il a vécu à Los Angeles et y est mort en 2013. Artiste, théoricien et enseignant, il a, depuis les années 1970, questionné les conditions politiques, économiques et sociales du capitalisme en associant la photographie, le texte et le film.

Pascal Beausse (né en 1968) est critique d’art et commissaire d’exposition. Il est responsable des collections photographiques du Centre national des arts plastiques.
Il est l’auteur d’essais et entretiens portant notamment sur les travaux de Maria Thereza Alves, Philippe Durand, Jimmie Durham, Cécile Hartmann, Candida Höfer, Ange Leccia, Teresa Margolles, Allan Sekula, Bruno Serralongue, Jean-Luc Vilmouth et Wang Du.

Merci de vous présenter à l’accueil de l’école (rue Charles Fabre) en arrivant.

Le Film infini (le travail)

Ce livre est une édition corrigée du prototype montré lors de l’exposition Un film infini (le travail) produite par le groupe de recherche éponyme à Clermont-Ferrand en mai 2016.
Cette exposition présentait le film tourné les deux années précédentes dans les usines Michelin de Clermont-Ferrand et de Shanghaï, un cabinet d’écoute ainsi qu’un ensemble d’images à emporter.

Ce livre montre une partie ou la somme des textes écrits, des images tournées, des dossiers produits, des livres lus, des films vus, des voyages partagés, des workshops réalisés, des expositions conçues, des expériences vécues qui ont été produits et ont permis au programme de recherche Un film infini (le travail) d’exister entre 2013 et 2016 à l’ESACM.
Il essaie de montrer aussi simplement que possible le travail produit pendant ces trois années par les enseignants, les chercheurs les étudiants et leurs invités.

Ce livre n’est pas l’aboutissement du programme de recherche puisqu’il ne montre pas le film réalisé, cœur de notre programme, mais la matière périphérique nécessaire à son élaboration mettant à plat et sans volonté de hiérarchisation les sources et les fruits de ce travail.
Ce livre est une étape. Le film continue.

Photos : Vincent Blesbois

Le Film infini (le travail)

Pendant deux années, les membres d’Un film infini (le travail) ont pu tourner dans les usines du Groupe Michelin à Clermont-Ferrand et à Shanghai. Le film réalisé (auquel le groupe de recherche prête son nom) tente de regarder le travail tout en se travaillant lui-même, se scénarisant à partir du travail filmé, et pose ainsi la question : quand commence et quand finit le travail ?
« Nous le savons, le travail ne se limite pas au temps payé, il infuse notre vie, jusque dans nos rêves. Le travail nous travaille. »

Un film de : Rémy Drouard, Matthieu Dussol, Pierre Frulloni, Marina Guyot, Marie Muzerelle, Norman Nedellec, Emmy Ols, Clara Puleio, Camille Varenne, Alex Pou, Sarah Ritter, François Marcelly, Lucia Sagradini, Fabrice Guérinon et Geoffrey Veyrines

Avec le soutien de Clermont Communauté, le Ministère de la Culture et de la Communication, la Ville de Clermont-Ferrand, le Groupe Michelin et la Fondation d’entreprise Michelin.

Conférence de Kientega Pingdéwindé Gérard

Conférence de Kientega Pingdéwindé Gérard (KPG)
Jeudi 7 décembre 2017 à 18h

Kientega Pingdéwindé Gérard, communément appelé KPG, est issu de la caste des forgerons et de père orateur de masques. Il forge son répertoire à partir de ses diverses traditions familiales et l’adapte au monde contemporain. C’est le moment où l’écoute, la parole et le chant s’entremêlent, se heurtent, créent une énergie apaisante, celle de l’univers fantastique de la terre rouge du pays des hommes intègres…
Artiste, griot, comédien, chanteur, tel le margouillat collé à son mur, il observe le monde autour de lui et raconte… Dans son nouveau texte, Kossyam, signifiant « demande la sagesse », KPG raconte l’insurrection populaire de 2014, l’effervescence et les nouveaux enjeux où un peuple revendique sa place de citoyen actif. KPG décrit les liens entre les forces en présence, celles de la rue et celles de la tradition.
Les personnages de Kossyam, archétypes humains, empruntent la peau des animaux, mais vivent dans la cité. Car c’est dans la rue que tout se passe, que l’histoire change et que le margouillat scrute le théâtre où se fabrique l’Histoire du pays, entre événements, tensions, sagesse, humour et réflexion.
KPG incarne ainsi tous les rôles, et prête sa voix aux effigies qu’il manipule. Et c’est dans la rue qu’il vient raconter, car au Burkina comme souvent en Afrique, c’est la place publique, métaphore de la République, qui est en jeu.

Sur une invitation des membres du groupe de recherche « Sur-exposition, acteurs, images, projections d’une nouvelle tendance » (Jacques Malgorn, J. Emil Sennewald et Camille Varenne)

image : Festival les rencontres d’Ici et d’Ailleurs Noisy-Le-sec 2015, KPG artiste conteur.

Conférence ouverte au public.
Merci de vous présenter à l’accueil de l’école (rue Charles Fabre) en arrivant.