

Extrait
« Aujourd’hui t’es partie, tu déambules et tu ne reviendras peut-être jamais. Tu découvres des choses.
D’ailleurs tu te demandes pourquoi tu prends toujours autant de choses avec toi, pourquoi à chaque fois que l’on part on doit automatiquement s’environner de choses, comme s’il fallait que l’on se sente accompagné.
Tu penses à ta famille, à ce qu’ils font à ce moment précis, tu les connais bien, ils te connaissent peu. Tu pourrais décrire ce qu’ils font exactement sur une semaine.
Comme s’ils devaient se raccrocher au temps.
Ils ne veulent pas le perdre, ils ne veulent pas le gâcher.
C’est peut-être pour ça que tu voulais partir.
En regardant en arrière tu te rends compte que tu l’as toujours gâché.
Tu ne sais pas choisir.
Tu te lasses vite de tout.
Ton programme c’est l’aventure.»
ÎL, Grand Atelier, Esacm, Avril et Juin 2014, 25 minutes environ, Vues de l’installation live.
Narrateur : Ludivine Fanton
Auteur : Leslie Pranal
Son : Gaëtan Larant
Ouvreur : Mattieu Dussol
Performeurs : Kevin Desbouis, Mohamed (la tortue), Louise Porte, Alice Pouzet, Valentine Ridde, Sarah Vigier
Vidéo : Antoine Barrot
Photos : Marina Guyot, Solène Simon
Si un lieu est une portion d’espace déterminé, alors, au contraire, il devrait exister des portions d’espaces indéterminés. On les appellerait alors, d’une manière logique, des non-lieux. Ils n’auraient pas de matérialité propre, ni de forme particulière. Ils seraient des masses mouvantes qui apparaissent, disparaissent, reculent et se fondent dans le décor.
Ils seraient invisibles, cachés, délaissés, traversés. Jamais vraiment habités. Ils seraient en bord de, en marge de. Ou bien ils seraient fabriqués. Inventés. Ils seraient aussi vivants, en attente de passage. Ils auraient en eux le désir de garder des traces, des êtres, des sensations, des émotions. Ces non-lieux rendraient alors complexe notre vision du paysage. Comment, où et quand se situerait le passage qui permettrait de basculer des lieux aux non-lieux? (…)

« Une images brouillée, le bip d’un minuteur sont captés, ils deviennent notes, instruments, matières.
Chaque silences se transforment en douce mélodie « noise ».
Traversé par divers influences musicales tels que la musique narrative, ethnique, électronique et expérimentale, les répertoires sont découpés, montés et sont l’âme des installations d’une personnalité discrète au travail bruyant.
Des esthétiques urbaines, grinçantes sont souvent les supports d’un voyage entre les formes où le son, nourrit de différents paysages, de différentes ambiances, devient outils plastique à part entière. »
Armance Rougiron