Claire Goncalves

Il s’agit d’objets fabriqués et/ou détournés qui prennent place dans un ensemble de constructions en s’inspirant d’aménagements domestiques et de dispositifs d’expositions.
Les matériaux utilisés sont issus majoritairement du quotidien, et les techniques reprennent des procédés traditionnels.
L’ensemble génère la création de nouveaux éléments, c’est un prcessus, un « work in progress ».
Souvent interactifs, les dispositifs évoluent, se déploient, se combinent, et s’ajustent aux lieux.
Dans ces espaces structurés, le visiteur peut se laisser prendre au jeu de ces objets faussement familiers.

Pierre Frulloni

« Je cherche la fiction mais ni comme thématique, ni comme réflexion. Mais par ce qu’elle entraîne, dans l’appropriation de la forme, du temps. Pour se plonger dans une mémoire autre que la mienne […] l’espace des corps qui m’est inaccessible. »
Pierre crée un laboratoire, un bivouac… Un lieu qu’il a appelé, « l’espace des corps ». Un lieu où pour se rendre, il traverse des gestes, des matières, des notions comme une carte semée de recoins et d’embûches. Une entreprise semblable à Christophe Colomb pour commencer, comme lui, au-delà de toute retraite.
Cette retraite, il la doit à ses voyages qu’il garde dans un sac comme un monde acquis. Les mains serrées à ses lanières, le regard bouché par la densité du paysage, il sent qu’un nouveau vocabulaire s’offre à lui. Que son corps, comme premier outil, sera la clé de l’expérimentation qui l’attend.
Pour ce faire Pierre fait de la peinture et raconte des histoires.

pierrefrulloni.com

Mélaine Guitton

Mon travail de peintre se développe principalement autour de la question du paysage, qu’il soit urbain ou rural, classique ou contemporain. Le paysage est une création humaine, même lorsqu’il parait « sauvage ». Il est façonné à la fois par la culture et par les mains des hommes.

Trouver les lieux qui vont m’inspirer nécessite une déambulation. J’aime l’idée d’aller à la rencontre de ses endroits qui vont m’intriguer, me questionner, fasciner. Je vais parfois chercher quelques choses de précis, d’autres fois laisser la rencontre m’inspirer.  Que ce soit dans la déambulation ou dans le travail plastique je laisse une place importante au hasard. Cette idée d’un lâcher prise sur son propre travail me plait. Tout comme le paysage c’est une notion courante dans l’histoire de l’art.

La question de la matière est aussi importante dans mon travail, que ce soit avec l’épaisseur de la peinture, ses craquèlements mais aussi sa liquidité, sa fluidité ou la trame d’une épreuve pigmentaire, le pixel d’une image de basse qualité, ou la légèreté du plastique…
Je m’intéresse souvent à une certaine pauvreté des matériaux. Leur médiocrités deviens un élément fondamental, une qualité que je recherche. Ils m’offrent une certaine liberté, empêche toute sacralisation.

Marina Guyot

Mes pièces sont des barycentres, des concordances spatiales d’éléments.
Elles sont tirées de l’observation du territoire, du passage du temps sur celui-ci et sur les gens qui le constituent. Elles cherchent à comprendre comment on habite, comment on se déplace, comment on vit. Comment on occupe son temps et son espace. Comment j’occupe mon temps et mon espace malgré une tendance naturelle à la procrastination.

Elles ont quelque chose à voir avec l’inertie.
Elles cherchent à ralentir le temps pour pouvoir l’observer plus fnement. Leurs formes se situent entre le repère orthonormé et le mouvement turbulent avec presque toujours l’apparence de la platitude ; mais ce n’est qu’un leurre car elles contiennent de multiples strates. Elles sont constituées de la réitération de gestes simples, de tâches répétitives, de subdivisions.

De plus en plus, elles tendent à devenir le chemin qui mène jusqu’à elles ; leur construction même devient leur forme.